Les élections municipales, c’est dans quelques jours (15 et 22 mars). Après avoir suivi les négociations entre partis et les déclarations de candidature à Saint-Etienne et Saint-Chamond, notre rédaction se penche aussi sur les forces en présence dans plusieurs communes du sud Loire, sélectionnées à partir d’un seuil d’habitants. Parallèlement, nous revenons, en détails, sur la composition et le programme des différentes listes stéphanoises et couramiaudes.

Les parutions suivent la logique chronologique des entretiens obtenus avec les têtes de liste, les candidatures ayant été sollicitées en même temps. Dans cet article, nous nous penchons sur la 6ème ville de l’agglomération stéphanoise : Andrézieux-Bouthéon, où trois candidatures sont en lice. La liste d’union des droites portée par Marcel Jacob, celle sans étiquette de Ludovic Ceyte et Pascal Campeggia, et enfin la liste divers centre du maire sortant, François Driol.

Comme en 2020, ils seront trois candidats à briguer la mairie d’Andrézieux-Bouthéon cette année. La rédaction de If Saint-Etienne s’est entretenue avec chacun d’eux au sujet de leur programme, afin de savoir quelles sont les mesures phares qu’ils proposent au vote des Andréziens-Bouthéonnais, dans l’ordre des rendez-vous obtenus. Andrézieux-Bouthéon, 10ème ville de la Loire est la 6ème de l’agglomération stéphanoise, recense 10 425 habitants. Elle est dirigée par François Driol depuis 2020, qui candidate pour un second mandat.

Ce que propose « Des racines et de l’audace » (Marcel Jacob, Union des droites)

A 58 ans, Marcel Jacob, policier de profession, a déjà été membre du conseil municipal. C’est la deuxième fois qu’il se présente aux municipales, après avoir hésité. « Il y a eu une demande de la population, les personnes opposantes au maire sortant étaient inquiètes. Je me suis demandé si ça valait le coup, car c’est un gros investissement. Mais les demandes d’habitants et le fait que je ne sois pas satisfait de la politique menée sur la commune m’ont décidé. Je trouve que notre ville est en déclin. L’entrée de la ville est catastrophique, et il n’y a aucune vision d’avenir. Et ce qui me faisait le plus mal, c’était de comparer Andrézieux-Bouthéon aux autres communes, notamment Saint-Just Saint-Rambert qui a fait beaucoup d’effort sur son entrée de ville ».
Marcel Jacob est donc à la tête d’une liste qui compte notamment dans ses rangs Jérôme Schalk, fils de l’ancien maire de la commune, Jean-Claude Schalk.

Ce que propose « Des racines et de l’audace » (Marcel Jacob, Union des droites)

A 58 ans, Marcel Jacob, policier de profession, a déjà été membre du conseil municipal. C’est la deuxième fois qu’il se présente aux municipales, après avoir hésité. « Il y a eu une demande de la population, les personnes opposantes au maire sortant étaient inquiètes. Je me suis demandé si ça valait le coup, car c’est un gros investissement. Mais les demandes d’habitants et le fait que je ne sois pas satisfait de la politique menée sur la commune m’ont décidé. Je trouve que notre ville est en déclin. L’entrée de la ville est catastrophique, et il n’y a aucune vision d’avenir. Et ce qui me faisait le plus mal, c’était de comparer Andrézieux-Bouthéon aux autres communes, notamment Saint-Just Saint-Rambert qui a fait beaucoup d’effort sur son entrée de ville ». Marcel Jacob est donc à la tête d’une liste qui compte notamment dans ses rangs Jérôme Schalk, fils de l’ancien maire de la commune, Jean-Claude Schalk.

Les priorités

Pour Marcel Jacob et son équipe, il est nécessaire d’améliorer le cadre de vie des Andréziens-Bouthéonnais. Le candidat estime que cela aura des conséquences positives au-delà de l’esthétique. « Rendre notre ville belle, c’est bon pour toute la population, ça donne un sentiment de fierté. On a vu l’immobilier flamber à Saint-Just Saint-Rambert depuis son embellissement, de même qu’à Saint-Galmier qui est une commune très belle. Roche-la-Molière a beaucoup travaillé là-dessus aussi et cela rend les habitants plus heureux ». Le candidat voit ainsi d’un bon œil la suspension du projet d’aménagement du Parc des Forges, qu’il souhaite mener en concertation avec les habitants. De même, il n’approuve pas le site choisi par la Municipalité afin de créer une guinguette. Pour lui, il n’est pas normal que l’emplacement ne se trouve pas en bord de Loire, il entend donc revoir le projet.

Un autre point primordial du programme de Marcel Jacob est axé sur la sécurité. Il fait le parallèle avec une manifestation qui n’aurait pas de service d’ordre. « Ça peut bien se passer, mais ça peut aussi dégénérer. Aujourd’hui, je veux donc mettre un gros service d’ordre avant que ça ne dégénère. Il n’y a que six policiers municipaux sur la commune, dont deux sont en arrêt de travail ». Il souhaite ainsi basculer les quatre agents de la brigade verte vers la police municipale, et embaucher deux policiers supplémentaires pour, à terme, espérer pouvoir tripler les effectifs. « Je veux des rondes les nuits et les week-ends, et amélioré la vidéoprotection que ce soit en nombre de caméras, mais aussi en fonctionnement, par exemple avec des caméras capables de reconnaître lorsqu’une personne tombe au sol. Le tout en respectant une entente avec la gendarmerie ».

Budget

Marcel Jacob assure qu’il portera une attention particulière aux finances de la commune. Dans un premier temps, il souhaite mener un audit pour connaître la situation de la Ville. Il s’appuie notamment sur les recommandations d’un rapport de la Chambre régionale des comptes publié en 2023, et qui porte sur les exercices entre 2018. « Je n’aime pas faire de dépenses pour rien. Comme dans un foyer, on dépensera en fonction de nos ressources. Notre commune a beaucoup de revenus. On a l’équivalent d’une commune de 20 000 habitants en revenus alors que nous sommes 10 000. Mais les budgets sont établis en fonction des dépenses, ce n’est pas normal. Les frais de communication, de fonctionnement doivent être revus à la baisse, avec pour objectif d’être plus vertueux ».

Commerces

Comme dans de nombreuses communes françaises, le commerce est aussi un sujet à Andrézieux-Bouthéon. Marcel Jacob souhaite accompagner les commerçants, notamment en proposant une amélioration du sens de la circulation. « Ils ont tous enregistré une perte d’activité depuis qu’il a été revu. Le stationnement est également un problème en centre-ville. Et, de manière générale, il faut revoir l’urbanisme, la place du Forez n’est pas très jolie, pas très fonctionnelle. Montbrison a un marché magnifique le samedi matin et je souhaite m’en inspirer, en accord avec les commerçants pour qu’ils en retirent les bénéfices ».

Gestion des déchets

S’il accède au fauteuil de maire, Marcel Jacob militera auprès de Saint-Etienne Métropole pour l’abandon du QR Code. Il estime que sa mise en place incite davantage de personnes à se rendre à à la déchèterie de Saint-Just Saint-Rambert (sans modalité d’accès, puisque dépendante de Loire Forez Agglomération). « Faire payer les entreprises est aussi un moyen d’inciter aux dépôts sauvages. Il faut que ce soit gratuit. Il faut inciter à jeter en déchèterie, pas dans la nature, pour avoir un environnement propre. A la sortie, la hausse des dépôts sauvages engendre un coût plus élevé pour les collectivités ».

Ce que propose « Agir ensemble pour Andrézieux-Bouthéon » (Ludovic Ceyte et Pascal Campeggia, sans étiquette)

C’est en binôme que Ludovic Ceyte et Pascal Campeggia ont décidé de se lancer dans la course à la mairie, après six années à siéger dans l’opposition au conseil municipal d’Andrézieux-Bouthéon. « C’est arrivé naturellement, détaille Pascal Campeggia. Nous sommes complémentaires, on ne s’est jamais engueulé, et le fait d’être deux apporte une valeur ajoutée aux habitants pour avoir plus de présence auprès d’eux ».

Pour Ludovic Ceyte, c’est une façon de pouvoir partager les tâches et de ne pas concentrer les responsabilités sur une seule personne. En plus, il estime que cela permet d’avoir davantage de disponibilité pour Andrézieux-Bouthéon ainsi que Saint-Etienne Métropole. Légalement, si le binôme est élu, c’est Ludovic Ceyte qui sera maire, car la loi n’en reconnaît qu’un par commune.

Les priorités

Le binôme souhaite que les habitants d’Andrézieux-Bouthéon vivent mieux ensemble. « Depuis six ans, on s’aperçoit que les gens ont besoin d’échanger entre eux, c’est ce qui manque le plus et que l’on souhaite renforcer, explique Ludovic Ceyte. Nous avons l’ambition de créer des comités de quartier, dans chaque quartier afin de faire émerger des projets qu’on pourra mettre en œuvre avec les habitants. Nous mettrons en place un budget participatif pour leur permettre de porter certains projets. Charge ensuite à nous de faire vivre ceux qui seront retenus ». Pascal Campeggia et Ludovic Ceyte sont en quête de davantage de transparence. « C’est le plus important. Quand les choses ne pourront pas se faire, il faudra le dire. Nous avons mal vécu le projet d’aménagement du Parc des Forges, sur lequel nous n’avons pas été consultés. On veut faire les choses différemment, créer de la cohésion entre nous et les habitants ».

Le duo souhaite également améliorer le cadre de vie des habitants, grâce à une meilleure cohérence dans l’urbanisme. C’est pourquoi ils souhaitent peser sur le futur PLUI (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal) de Saint-Etienne Métropole, pour préserver Andrézieux-Bouthéon. En quête d’équilibre, ils souhaitent ramener davantage de biodiversité en ville, via la création de micro-forêts. Si besoin, ils se disent également prêts à lancer un audit sur la circulation dans la commune.

Commerce

« Sans commerce, il n’y a pas de vie. Les commerces de la commune doivent être préservés, développés, pointe Ludovic Ceyte. C’est l’une de nos priorités. C’est pourquoi il faut mettre de l’animation récurrente dans nos centres-bourgs. Il faut améliorer les places, pour qu’on ait envie de venir y flâner, et consommer ».

Et Pascal Campeggia d’ajouter que la Municipalité pourra aider les commerçants, en créant par exemple des sites Internet, ou en favorisant la reprise de commerces vacants. « Il faut que l’on ait des terrasses qui soient animées, avec des commerces éclairés pour que cela soit attractif ».

Budget

Interrogé sur l’impact que pourra avoir, à l’avenir, les difficultés financières du Département, le binôme s’estime chanceux. « On a une chance, c’est d’être une commune qui se porte bien financièrement grâce à un gros pôle industriel sur notre territoire, et qui continue de se développer », note Ludovic Ceyte. Pour autant, ils tiennent à préciser que cela n’empêche pas d’optimiser les dépenses. « On veut créer une pépinière d’entreprises pour qu’elles se lancent, se développent, et restent à Andrézieux-Bouthéon, ajoute Pascal Campeggia. L’idée est de pérenniser la vie économique le territoire ».

Ils comptent mettre à profit leur formation technique d’ingénieur, grâce à laquelle ils sont amenés à gérer des travaux et d’importants budgets, avec un retour sur investissement exigé. De la même façon, il souhaite revoir le projet d’aménagement du Parc des Forges en concertation avec les habitants, et dans le but d’en diviser par trois le coût.

Culture

« Aujourd’hui, la culture est bien représentée à Andrézieux-Bouthéon, c’est un plus que l’on souhaite conserver. On voudrait mettre en place un pass solidaire culturel qui donnerait accès aux équipements d’Andrézieux-Bouthéon, de Saint-Etienne Métropole, voire de la Région ». L’idée étant de familiariser les habitants dès leur plus tendre enfance à la culture sous toutes ses formes.

Ce que propose « Pour un envol durable » (François Driol, divers centre)

Maire sortant, François Driol est également vice-président de Saint-Etienne Métropole, chargé de la gestion et du traitement des déchets. Après un premier mandat chaotique, il a hésité à en briguer un deuxième, avant de prendre sa décision juste avant les fêtes de fin d’année.

« J’ai d’abord hésité pour des raisons personnelles, et aussi parce que le contexte politique local avec Saint-Etienne Métropole, et national, a tendance à décourager les maires de bonne volonté dont je pense faire partie. Donc il y a eu une introspection faite avec mes proches, avec mon équipe. Et le constat est sans appel. Il y a eu le Covid, donc un mandat raccourci, touché par les crises politiques, économiques. Il a réellement commencé mi 2021, pour s’achever début 2026, il y avait donc un goût d’inachevé ». Au sein de sa liste, François Driol conserve le noyau dur de son équipe avec laquelle il a l’impression de ne pas avoir fait la totalité du chemin qui aurait dû être fait.

Les priorités

Parmi les priorités du prochain mandat, François Driol note deux aspects. D’abord celui de terminer ce qui a été engagé, puis de proposer de nouveaux projets. « Aller au bout de ce qui a été commencé, c’est continuer à transformer la ville, développer son attractivité, et miser sur le développement durable. Actuellement, la situation nationale et mondiale est tellement tendue qu’il y a un réflexe de repli sur soi des gens. Je pense qu’il est du devoir des élus de combattre ce repli avec des événements, que l’on fasse collectivité, que les plus forts puissent accompagner les plus faibles. Entre le télétravail, les tablettes, les téléphones, beaucoup de choses nous isolent. Il faut permettre aux gens de se rencontrer et je suis convaincu que les élus ont un rôle à jouer là-dedans ».

Commerce

Selon le candidat à sa succession, pour que les habitants aient envie de consommer sur place, il faut rendre le centre-ville attractif. « Chez nous, le stationnement est gratuit, et nous avons refusé l’extinction de l’éclairage public la nuit. Ça ne peut qu’inciter à venir, mais cela passe aussi par de la communication. On a tous un rôle à jouer pour soutenir les commerçants, cela dépasse parfois la commune, car ceux qui commandent uniquement en ligne scient la branche sur laquelle ils sont assis ».

D’autant que le maire pointe que l’offre va de la grande surface, en passant par la moyenne, aux petits commerces, tous présents sur la commune. « J’essaie de faire en sorte que tous coexistent pour que tout le monde y trouve son compte ». Et de rappeler que depuis juillet 2021, un manager commerce a pris ses fonctions sur les communes d’Andrézieux-Bouthéon et Saint-Just Saint-Rambert, avec pour objectif de faciliter l’installation de porteurs de projet.

Sécurité

« Sur le sujet, ma réponse à l’insécurité, c’est le lien social, pas plus de police. Toutes les associations qui œuvrent sur le terrain peuvent compter sur notre soutien. Car moins il y aura de déserrance sociale, moins il y aura de délinquance. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas sanctionner lorsque c’est le cas. Mais quand Loire habitat investit à hauteur de 17 millions d’euros de travaux de rénovation pour le quartier la Chapelle, avec des logements plus jolis, plus confortables, cela participe à cet apaisement ».

Au sujet du narcotrafic, François Driol que cela ne relève pas de la compétence de la police municipale, qui est là en soutien quand elle le peut, ainsi que par le biais de la vidéoprotection. « Cet outil est un couteau suisse qui permet de lutter contre la criminalité, mais aussi les incivilités comme les dépôts sauvages. Mais, contrairement à ce que disent certains, Andrézieux-Bouthéon est une ville tranquille. Les statistiques de la Gendarmerie et le ressenti des habitants le démontrent ».

Budget

Côté budget, le maire estime qu’il faut cesser de taper sur le contribuable, « l’Etat s’en charge ». Dans un contexte tendu, il met en avant le fait que la commune a le taux de fiscalité le plus bas du département, à taille équivalente. S’il souhaite maintenir le même niveau de service, il estime que cela passera par des investissements, notamment en matière de rénovation énergétique, en faisant le moins possible appel à la dette.

« On essaie d’être actifs des deux côtés de la balance, en réduisant les dépenses, mais on va vers des jours mauvais avec le retrait du Département de plusieurs projets, on se tourne déjà vers nous pour le compenser. On est debout sur les freins, mais ça va devenir compliqué. Depuis 2017 on est la seule ville du département qui a une dotation négative. Puis il y a le Dilico depuis l’année dernière (Dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités, Ndlr). L’Etat est supposé nous rembourser la somme prélevée en 2025 sous trois ans, à hauteur de 90 %. On appelle cela de la cavalerie en finance (processus financier où de nouveaux emprunts servent à rembourser les emprunts précédents, Ndlr). Quant à 2026, nous n’avons ni le montant du Dilico, ni les modalités. C’est pratique pour établir un budget ».