ABDESSLAM MIRDASS / Hans Lucas via AFP
Après 27 ans chez Gallimard, le divorce est acté pour Boualem Sansal qui devrait publier son premier roman depuis sa libération du côté de Grasset (filiale d’Hachette).
Le point final, après 27 ans de collaboration ? Bientôt de retour en librairie avec la publication de son premier livre depuis la fin de sa détention en Algérie, l’auteur franco-algérien Boualem Sansal est bien parti pour devenir la dernière prise culturelle de Vincent Bolloré.
L’écrivain a acté son divorce avec son éditeur historique, Gallimard, comme l’annonce l’AFP ce jeudi 12 mars. Si rien n’est confirmé à ce stade, l’AFP et La Lettre annoncent que l’auteur élu fin janvier à l’Académie française va rejoindre le giron du milliardaire conservateur par l’intermédiaire de la maison d’édition du groupe Hachette, premier éditeur français, contrôlé par Vincent Bolloré.
Pour être tout à fait précis, Boualem Sansal est annoncé du côté des Éditions Grasset, filiale d’Hachette Livre dirigée par Olivier Nora. D’après les propos de Boualem Sansal rapportés par le journal Le Monde, « rien n’est fait, rien n’est officiel » à ce stade. Pour autant, l’écrivain de 81 ans confirme l’existence de discussion avec la maison d’édition de Vincent Bolloré.
Interrogé par l’AFP sur l’arrivée de cette recrue littéraire de choix, Hachette n’a pas souhaité confirmer l’information. L’annonce pourrait être faite dès vendredi à l’occasion du lancement des « Grandes Rencontres Hachette », une manifestation de trois jours organisée à Paris et destinée à célébrer les 200 ans du groupe.
Divorce acté avec Gallimard
Ce qui est sûr, c’est que l’écrivain naturalisé français en 2024 a bel et bien annoncé sa décision de mettre fin à sa collaboration avec Gallimard. Son PDG, Antoine Gallimard, a réagi « avec tristesse et déception », selon l’éditeur. « Nous n’avons pas eu la conversation que j’aurais aimé avoir » sur les raisons de son départ, a précisé Antoine Gallimard au Monde, se disant très « peiné ».
Ce divorce est particulièrement difficile à comprendre du côté de Gallimard. Il faut dire que le lien qui liait l’auteur à la maison d’édition était fort depuis la publication de son premier ouvrage, Le Serment des barbares en 1999. Gallimard a par la suite publié tous ses livres : Le village de l’Allemand, Rue Darwin, 2084, la fin du monde et Vivre, son dernier livre, publié en 2024. À cela s’ajoutent les efforts de Gallimard pour le faire libérer après son arrestation en novembre 2024. « Nous nous sommes battus pour qu’il puisse sortir de prison, j’ai été en relation avec deux avocats, l’ambassadeur de France à Alger, nous avons créé une association de soutien, j’ai veillé à ce que sa pièce de théâtre Le Village de l’Allemand soit jouée à Paris », souligne en ce sens l’éditeur dans les colonnes du Monde.
Gallimard était de fait en première ligne pour obtenir sa libération, finalement intervenue après un an dans les geôles algériennes, le 12 novembre dernier via une grâce du président Abdelmadjid Tebboune.