Il y a des victoires qui valent un peu plus que les autres. Ce dimanche, Augustin Fahy a remporté les Boucles de Seine-et-Marne-Souvenir Bernard Maillet, une course créée par le père de son ancien entraîneur, sur ses routes d’entraînement, entouré de ses proches. Le coureur de 17 ans a su tirer son épingle du jeu après une course très nerveuse marquée par une neutralisation de la course au bout de 2 kilomètres seulement à la suite d’une chute massive. Le pensionnaire du Team Cycliste Linas Montlhéry et de la Groupama FDJ United Juniors est revenu, pour DirectVelo, sur cette journée et sa saison précédente dans le peloton Junior.
DirectVelo : Que représente ce succès pour toi ?
Augustin Fahy : Ça représente quand même beaucoup pour moi parce que c’était chez moi. Ce sont les routes que je prends tous les jours quand je m’entraîne. Ce sont les Boucles de Seine-et-Marne-Souvenir Bernard Maillet, au nom du père de mon ancien entraîneur quand j’étais chez JS Ferté-Gaucher. J’ai changé d’équipe cette année mais je suis toujours resté en bons termes avec eux. C’est lui qui m’a fait mes premiers plans d’entraînement, mais je ne m’entraîne plus avec lui car j’ai dû prendre l’entraîneur de ma nouvelle équipe. On s’est parlé avant la course et il m’a dit : « Celle-là, elle sera pour papa. » Avec cette victoire, on peut dire que je lui ai rendu hommage. On était assez émus tous les deux après l’arrivée. Ce n’est pas une victoire lambda, d’autant que tous mes proches et mes amis étaient là, donc c’était top ! Depuis tout petit je la regarde et l’année dernière je n’avais pas pu la faire parce que j’étais sur une autre course avec la Groupama FDJ United.
« IL A ÉTÉ HONNÊTE AVEC MOI »
Comment as-tu construit ta victoire ?
C’était hyper nerveux, surtout que c’était l’une des premières courses pour certains. Il y a eu beaucoup de chutes, donc je me suis placé dès le départ dans les premières places. La course a été neutralisée plus de 40 minutes après la première chute au bout de 2 km. Ce fait de course m’a un peu embêté parce que Gabriel Genter, mon coéquipier de Groupama FDJ, a été pris dans la chute et n’est pas reparti, donc ça m’a fait chier. Ça crée une sorte de blocage, mais bon, on débranche un peu le cerveau. Dès la reprise, il y avait quand même beaucoup d’attaques, mais je guidais mes coéquipiers au maximum parce que c’était la consigne. Je leur disais ce qu’il fallait faire, et franchement je les remercie beaucoup parce qu’ils ont fait le maximum et ils l’ont très bien fait. J’ai tenté plusieurs fois de sortir dans le mur du circuit mais il n’y avait rien de concluant.
Comment la décision s’est faite ?
Je n’étais pas très confiant parce qu’une arrivée au sprint, ce n’est pas trop pour moi. Mais dans le circuit final, je suis parti avec un coureur du Paris Cycliste Olympique et un du VC Roubaix-Lille Métropole. On a bien collaboré ensemble et on arrive à trois pour le sprint. Je suis également très content parce que Jules Lefebvre-Fournier était avec moi dans l’échappée et il a fait une super course. On n’est pas coéquipiers en club mais on roule ensemble au sein de la Groupama FDJ United, et il m’a aidé à aller chercher cette victoire. Il a été honnête avec moi et m’a dit qu’il était mort, donc il voulait bien rouler pour moi.
« JE ME METTAIS BEAUCOUP DE PRESSION »
Tu termines également 5e du Championnat de France de cyclo-cross cet hiver. Quel est ton bilan de ta saison hivernale ?
Je suis un peu mitigé parce que j’espérais mieux quand même. Au début, j’étais un peu dans le mal, je me mettais beaucoup de pression, ce qui me faussait les courses. Mais j’ai vite compris qu’il ne fallait pas se mettre cette pression et je suis allé sur les courses par plaisir, juste avec l’envie de faire au mieux à chaque fois. J’ai réussi à intégrer l’équipe de France, ce qui était un très gros objectif. Sur les manches de Coupe de France, j’ai fait deux Top 5, donc j’étais content aussi. Et sur le Championnat de France, j’ai fait une bonne course avec ce Top 5. Le début de saison était donc compliqué mais la fin était super.
Comment tu juges ta première saison Junior sur route ?
Franchement, j’étais assez content parce que je voyais que je m’améliorais jour après jour. Je le sentais au niveau des sensations et, avec l’utilisation des datas, je voyais que je progressais. C’était encourageant pour la suite. J’ai également adoré aider les leaders quand j’étais sur les courses avec Groupama. Ce rôle m’a permis de passer un cap et d’en apprendre davantage sur moi aussi. Mon gabarit me donne automatiquement des avantages dans un profil puncheur-rouleur.
Quels sont tes objectifs pour cette saison ?
Je me suis déjà fixé toutes les Classiques de début de saison, j’ai à cœur de bien faire là-dessus. Je suis monté sur un vélo de chrono pour la première fois l’an passé et j’ai vu que je n’étais pas mauvais, donc j’aimerais aussi bien performer sur tous les chronos auxquels je vais participer. J’aimerais bien gagner le Championnat régional et le Championnat de France, et pourquoi pas intégrer en fin de saison la Continentale de Groupama-FDJ. Et aussi intégrer l’équipe de France, parce que c’est quelque chose qui fait rêver.