À relire ma preview de la Gamescom 2025, j’avais déjà mis le doigt sur les principaux attributs de John Carpenter’s Toxic Commando : c’est un FPS défouloir sympatoche au premier contact mais qui peine très rapidement à se renouveler. Sans parler de l’écriture (non, assumer le côté « série Z » n’offre pas l’immunité poétique). Dans l’ambiance et la course permanente de la Gamescom 2025, c’était une halte bienvenue, mais tout l’enjeu était de savoir si j’aurais envie de remettre des pièces dans la machine depuis le confort de mon bureau, après une longue journée de travail. Pas vraiment.
Laissé pour mort
Récapitulons. John Carpenter’s Toxic Commando est développé par Saber Interactive (World War Z : Aftermath). C’est un FPS coopératif à quatre joueurs où l’on peut incarner différentes classes – DPS, tank, ingénieur et soigneur – pour abattre des vagues et des vagues de morts-vivants. Son gimmick spécifique est d’inclure des véhicules, qui servent à explorer les zones ouvertes des missions, pour aller récupérer des ressources, des armes, des bidules-chouettes, ou pour massacrer des zombies. Il y a toute une boucle de progression typée jeu-service où vous accumulez de l’expérience pour améliorer vos compétences (par exemple, faire en sorte que votre drone d’ingénieur troque ses balles normales contre des balles incendiaires). Vos pouvoirs restent assez basiques : zone de soin, boules de feu, dome protecteur… Pas de quoi se relever la nuit pour s’adonner au theorycrafting.
Honnêtement, il y a une délicieuse ironie à voir l’exigeant, que dis-je, l’acide maître John Carpenter, qui n’hésite pas à dézinguer la concurrence et les films populaires en interview, accoler son nom à un FPS aussi quelconque. Un peu comme si ses talents de cinéaste étaient inversement proportionnels à ses goûts en matière de jeu vidéo. Bon, ça ne m’empêchera pas de relancer L’Antre de la folie ce soir, mais… après trois ans d’attente depuis l’annonce (pour quoi, cinq ans de développement ?), nous étions en droit d’attendre quelque chose de plus robuste, de plus charnu, de plus original, de plus varié, bref, de moins impersonnel. Difficile d’y voir la patte de l’auteur.
Les aventures de Cael et Kyujilo dans les griffes du jeu moyen
Parce que le pire, c’est que John Carpenter’s Toxic Commando n’est même pas un mauvais jeu dans le sens où tout est raté ; non, le premier contact est assez satisfaisant, avec des gros flingues qui tâchent et des légions de zombies à moissonner au fusil d’assaut ou au pare-buffles selon les envies. Il y a quelque chose de sympathique à embarquer dans le premier pick-up venu pour dévaler les collines avec quelques potos surarmés pour dézinguer des goules à la yankee. Mais la structure des missions s’avère trop répétitive. Allez à l’endroit indiqué, récupérez un véhicule spécial si besoin, repoussez les vagues de zombies, et tapez sur les grosses pustules rouges autant que nécessaire. Mélangez les ingrédients au besoin et vous aurez une mission quelconque. Se balader dans les zones ouvertes n’est pas particulièrement intéressant, le level design n’offre pas grand-chose de mémorable (à part cette centrale nucléaire en ruines)… bref, il y a peu de raisons de relancer une partie.
Fou rire nerveux quand le jeu me demande me choisir mon personnage préféré pour l’incarner après le prologue : je les déteste tous
Des raisons que nous n’avons pas trouvées. Avec le collègue Kyujilo, on s’est acharnés sur John Carpenter’s Toxic Commando pendant une grosse soirée avant de décréter qu’on avait d’autres jeux à poncer et que s’entêter dans ce bourbier n’était absolument pas satisfaisant. Il n’y a pas grand-chose à en dire. C’est moyen. De facto, nous n’avons pas poussé jusqu’à la dernière mission, et surtout pas mis les doigts dans les difficultés supérieures, qui représentent ostensiblement l’endgame où il est nécessaire d’accumuler de l’expérience et d’améliorer ses flingues pour survivre. Il n’y avait pas la motivation.
Alors voilà, par conscience professionnelle, il n’était pas question d’attribuer une note ferme et définitive à John Carpenter’s Toxic Commando. Un jeu pas terminé, c’est un jeu qui n’est pas sérieusement testé. Dans le même temps, après cette longue soirée passée à mécaniquement ratiboiser des zombies en compagnie de quelques autres journalistes trouvés dans le matchmaking, on se dit qu’il serait dommage de ne pas rentabiliser l’ennui par quelques clics en ligne. Est-ce que John Carpenter’s Toxic Commando est nul ? Non. Vous pourriez même vous amuser avec quelques copains volontaires. Mais ici, on a préféré relancer la croûte Hotel Barcelona pour voir la dernière mise à jour, qui, finalement, est pas mal du tout, et jouira d’une critique plus détaillée d’ici ce week-end.