Le tribunal judiciaire d’Amiens a rendu ce jeudi 12 mars 2026 son jugement dans le dossier de la mort d’un ouvrier ardennais sur le chantier d’Amazon à Boves (Somme), le 17 mars 2017. Deux entreprises et quatre dirigeants étaient poursuivis pour homicide involontaire dans le cadre du travail.



À l’audience, mardi, le procureur avait requis deux ans de prison avec sursis à l’encontre du chef d’entreprise ardennais Pascal Urano, ainsi que 180 000 euros d’amende contre son entreprise de l’époque, Bemaco. Il avait également demandé la relaxe pour les autres prévenus, dont le fils de Pascal Urano, actuel dirigeant de la société.

La famille d’Anthony est satisfaite parce que la justice reconnaît que sa mort n’est pas un accident mais bien un homicide involontaire

Me Lacourt, avocat de la partie civile


Le tribunal a finalement condamné l’entreprise Bemaco à 150 000 euros d’amende, dont 50 000 avec sursis. Le chef de chantier a lui été condamné à une peine de prison avec sursis. En revanche, Pascal Urano et son fils ont été relaxés.






Bemaco et le chef de chantier condamnés

Pour Me Lacourt, avocat de la famille de la victime, le jugement reste « en demi-teinte ». « La famille d’Anthony est satisfaite parce que la justice reconnaît que sa mort n’est pas un accident, mais bien un homicide involontaire », souligne-t-il, tout en attendant les motivations détaillées de la décision. « L’analyse faite par le tribunal me semble singulière, dans une large mesure, par rapport aux réquisitions et à l’analyse du parquet », ajoute l’avocat qui attend désormais les motivations du tribunal dont l’objectif est d’expliquer cette décision.

Le parquet et les prévenus condamnés disposent désormais de dix jours pour faire appel de cette décision.