Un militaire français est mort « lors d’une attaque » dans la région d’Erbil au Kurdistan irakien, a déclaré Emmanuel Macron dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 mars 2026, annonçant ainsi le premier décès recensé au sein de l’armée française dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient.
C’est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février 2026 et qui s’est propagée dans plusieurs pays de la région.
« Mort pour la France »
« L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak », a écrit Emmanuel Macron, confirmant que plusieurs militaires français avaient été blessés. L’attaque visait des forces antiterroristes, selon le président de la République.
Dans le cadre d’une coalition internationale antijihadiste dirigée par Washington, des militaires de plusieurs pays, dont l’Italie et la France, entraînent au Kurdistan irakien des membres des forces de sécurité kurdes. « La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques« , a souligné le chef de l’État, sans indiquer qui en était l’auteur.
L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak.
À sa famille, à ses frères d’armes, je veux dire toute l’affection et la solidarité de la Nation.
Plusieurs de nos militaires…
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) March 13, 2026
Les intérêts français « pris pour cible »
« Après l’arrivée du porte-avions français dans la zone d’opérations du Commandement central américain et son engagement dans les opérations, nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront pris pour cible« , a déclaré le groupe armé pro-iranien d’Irak Ashab al-Kahf sur Telegram.
Le groupe a exhorté les habitants à rester à au moins 500 mètres d’une base au Kurdistan irakien où se trouvent des militaires français, sans revendiquer directement d’attaque. L’état-major français des Armées avait auparavant informé l’AFP jeudi que plusieurs soldats français avaient été blessés dans « une attaque de drones dans la région d’Erbil ». Emmanuel Macron n’a pas explicitement précisé si Arnaud Frion faisait partie des soldats français blessés dans cette attaque.
Selon l’état-major français des Armées, ces militaires blessés étaient « engagés dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès de partenaires irakiens ». Le gouverneur d’Erbil avait indiqué que la frappe ayant blessé ces soldats impliquait deux drones et avait eu lieu sur une base située à Mala Qara, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d’Erbil.
Le rôle « défensif » de la France
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la région autonome du Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes et pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne. Emmanuel Macron avait insisté ces derniers jours sur le « rôle défensif » de la France dans ce conflit. Paris a dépêché pour cela un important dispositif aéronaval autour du porte-avions Charles-De-Gaulle en Méditerranée orientale.
Ce dispositif est, selon le chef de l’État, appelé à mobiliser huit frégates et deux porte-hélicoptères amphibies dans une vaste zone incluant également la mer Rouge et le détroit d’Ormuz dans le Golfe. Le président de la République s’efforce aussi de peser sur la situation au Liban où la guerre s’est étendue à la suite de frappes contre Israël du Hezbollah pro-iranien.