La marque peut s’en féliciter : sur un marché aussi dynamique que concurrentiel, Dreame a atteint sur le Vieux continent la première marche du podium des vendeurs d’aspirateurs-robots en 2025, en volume de produits expédiés, et représente un peu plus du quart du marché européen. Pour les aspirateurs-robots, c’est entendu, mais quid des smartphones ?
Si l’interrogation peut paraître incongrue, il faut rappeler que les ambitions de Dreame sont pour le moins variées. Moins de dix printemps au compteur – elle a été fondée en 2017, et a fait son entrée sur le marché européen l’année suivante – la marque se lance dans l’univers des téléviseurs (des modèles mini-Led sont disponibles en France depuis quelques semaines), a annoncé ses plans dans l’univers de la voiture électrique (l’hypercar Kosmera Nebula 1 a été montrée tout début 2026) et a commencé à teaser la sortie de son premier smartphone dès septembre 2025. De quoi y perdre son latin pour le commun des mortels, mais Sean Chen, directeur général de Dreame en Europe de l’Ouest, nous confiait il y a peu : “c’est l’un des rêves de notre CEO”, tout en notant ce que “ce marché est cent fois plus grand” que celui des équipements de la maison. Dreame rêve grand, mais rêve aussi pragmatique.
L’un des Dreame Aurora
© Dreame
“Nous voulons apporter du changement”
“Aujourd’hui, les options sont très limitées. Vous avez deux choix : les iPhone et les smartphones Android, et entre ces smartphones, les fonctionnalités photo, le stockage, le processeur ne font pas vraiment sentir la différence. C’est ici que nous voyons une opportunité. Nous voulons apporter du changement”, nous assurait Sean Chen, évoquant la fenêtre du second semestre 2026. Alors que le duopole logiciel actuel s’est construit sur les restes d’OS malheureux (BlackBerry Mobile, Windows Phone, Tizen…), cela ne manque pas d’audace.
Du changement, il y en a en effet, et même beaucoup. À l’occasion de l’Appliance & Electronics World Expo 2026 (AWE 2026), salon organisé à Shanghai du 12 au 15 mars, Dreame a annoncé la bagatelle de… 29 smartphones, mélangeant « technologie et luxe”, selon le descriptif de la marque, qui signale un prix de départ de 999 $. Nous nous attendions à un appareil, et voici 29 terminaux répondant aux ambitions dévoilées par Sean Chen : ils sont en effet munis d’un système d’exploitation que Dreame indique avoir développé lui-même en toute indépendance, et qu’il nomme Aurora AIOS 1.0. Ce système n’est pour l’heure destiné qu’à son propre usage, et sera déployé en même temps que les smartphones. Si toutefois nous en voyons la couleur, car on voit mal un nouvel entrant sur le marché de la téléphonie se risquer à apporter plus d’une ou deux nouvelles références, sur un marché déjà saturé en propositions d’acteurs reconnus ; pour l’heure, rien n’est annoncé hors des frontières chinoises.
L’un des Aurora.
© Weibo / https://weibo.com/3097378697/QvK5xcvAT
On ne sait pas grand-chose de ce système d’exploitation, dont on imagine qu’il est un fork d’Android. Dreame met en avant des fonctionnalités boostées à l’IA, telle sa suite AI Imaging, censée aider à la capture et à l’édition d’images, AI Privacy & Security (pour protéger les données privées de l’utilisateur), des Agents IA offrant une assistance personnalisée et un AI Aesthetic Design pensé pour créer des thèmes et fonds d’écran dynamiques.
Un flagship photo modulaire
Au sein des 29 appareils que constitue la gamme premium Aurora Lux, et que Dreame ne détaille pas, la firme dévoile son fleuron, le NEX LS1. Le smartphone, indique la marque, est un modèle modulaire – une tendance que l’on a vue au récent Mobile World Congress – comprenant un module photo externe magnétique incluant un capteur de 1 pouce et une optique équivalente à 115 mm. On est curieux, évidemment, d’autant que la tendance se fait de plus en plus marquée : Vivo nous montrait, au MWC 2026, son téléobjectif externe destiné à compléter son X300 Ultra.
On se doute que la fabrication de tels produits demande une expertise industrielle qui manque encore à Dreame. L’annonce des Aurora et du NEX LS1 ne mentionne rien à ce sujet, mais Sean Chen nous avait confié l’intention de la marque de ”collaborer avec des fabricants de premier plan en Chine” pour se donner les moyens de ses ambitions. Des moyens, elle compte même en débloquer beaucoup : la firme annonce son intention d’investir plus de 10 milliards de yuans (environ 1,26 milliard d’euros) en recherche et développement au cours des trois prochaines années. Des investissements massifs pour quitter l’identité de « spécialiste des aspirateurs-robots » et acquérir, si cette stratégie fonctionne, celle d’entreprise à la pointe de la tech, tout court.
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