Un militaire français, l’adjudant-chef Arnaud Frion, du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces, a été tué en Irak, dans une attaque de drones. L’annonce a été faite par Emmanuel Macron, ce vendredi. Originaire de la Somme, il avait 42 ans.

Un soldat du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) a été tué en Irak dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 mars. L’adjudant-chef Arnaud Frion est mort dans une attaque de drones dans la région d’Erbil, dans le nord du pays. Cette attaque a également fait cinq blessés, cinq autres militaires français. Ces militaires participaient à des actions de formation contre le terrorisme, selon l’annonce faite par le président de la République Emmanuel Macron.

« Ultra compétent », « très performant », avec une « vraie humilité »

Ce militaire, du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces, en Isère, est le premier tué depuis le début de la guerre en Iran. Il faisait partie de ces soldats engagés « dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès de partenaires irakiens », selon l’État-major français. Certaines sources évoquent au moins deux projectiles qui auraient visé une base militaire des combattants kurdes. Sur des images filmées par les médias locaux, on peut voir le site en partie en flammes. Un hélicoptère aurait également été abattu lors de l’attaque.

Arnaud Frion était « ce que l’armée de Terre produit de mieux en termes de soldat », « ultra compétent », « très performant », « expérimenté » avec une « vraie humilité », décrit le colonel François-Xavier de La Chesnais, chef de corps de son bataillon, lors d’un point presse ce vendredi. Sur Instagram, le général d’armée Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre a déclaré qu’il s’incline « devant la mémoire de l’adjudant-chef Arnaud Frion […] Belle figure de soldat et de chef, il incarnait les plus hautes vertus d’un combattant de l’armée de Terre.
Mes pensées vont à sa famille, à ses proches et à ses frères d’armes du 7e bataillon de Chasseurs Alpins ». Son bataillon, justement, a salué son adjudant-chef qui « laisse le souvenir d’un chef exemplaire, respecté de ses hommes et estimé de tous ».

Passé par le Tchad, la Côté d’Ivoire, l’Afghanistan et le Mali

Né en 1983, l’adjudant-chef Arnaud Frion était originaire de Roye, dans la Somme, où vivent encore ses proches. Il s’était engagé dans l’armée en 2004, au sein du 27e bataillon de chasseurs alpins, basé à Annecy, en Haute-Savoie. Selon l’armée de Terre, qui a publié un communiqué sur X, il avait débuté sa carrière comme grenadier-voltigeur. Projeté au Tchad puis en Côte d’Ivoire, il avait ensuite été envoyé en Afghanistan en 2008, avant d’y retourner en 2011.

Après avoir rejoint la section « commando montagne » l’année suivante, Arnaud Frion avait été déployé au Mali en 2014, dans le cadre de l’opération Serval, puis Barkhane. Arnaud Frion avait pris la fonction de chef de groupe « commando montagne » au 7e bataillon de chasseurs alpins à l’été 2017. Il était retourné au Mali en 2019 et 2020.

Pour son courage et sa bravoure, il avait été cité deux fois à l’ordre de l’armée avant de recevoir la Médaille militaire en décembre 2021. Arnaud Frion était marié et père d’un enfant.

Arnaud Frion était déployé en Irak depuis le 24 janvier 2026 dans le cadre de l’opération internationale Inherent Resolve, à laquelle participe l’armée française avec l’opération Chammal. Selon le ministère des Armées, l’opération Chammal déploie plus de 600 militaires français entre l’Irak et la Syrie.

Forte émotion en Isère et dans la Somme

Sur X, Emmanuel Macron a partagé « toute l’affection et la solidarité de la Nation ». « La France se tient à leurs côtés et avec leurs proches. » a-t-il renchéri, qualifiant cette attaque d' »inacceptable ».

Le maire de Varces Jean-Luc Corbet, invité d’ICI Isère ce vendredi matin, a fait part de « son émotion ». « Nous nous associons à la douleur de la famille. Ce soldat faisait partie d’un bataillon d’élite – le 7e bataillon des chasseurs alpins – très important pour la commune. C’est la seconde fois en moins d’un an que ce bataillon perd à nouveau un soldat ».

À Roye, dans la Somme, Delphine Delannoy, la maire de la commune, s’est dite « choquée par cette triste nouvelle. La guerre est lointaine mais se rapproche d’un coup », a déclaré l’élue à ICI Picardie. L’édile souhaite organiser un hommage, sous réserve de l’accord de la famille.

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