Deux ans après sa mystérieuse disparition, le père Christophe Guegan a été retrouvé mort dans une rivière. L’intervention d’un tiers est écartée.
« L’identification a été complexe, le corps portant les stigmates d’une immersion particulièrement longue. » Dans un communiqué en date du jeudi 12 mars, la procureure de la République de Lorient, Laetitia Mirande, a annoncé que le corps du père Christophe Guegan, curé de Ploërmel, dans le Morbihan, disparu depuis le 17 janvier 2024, avait été retrouvé dans la rivière Ellé.
Le corps du père Christophe Guegan a été retrouvé à hauteur de Locunolé, commune où sa voiture avait été retrouvée abandonnée il y a deux ans, par des kayakistes, le 3 février dernier, précise Laetitia Mirande aux journalistes de « Ouest-France ». Une enquête a été ouverte pour rechercher les causes de la mort de cet homme de 55 ans, mais déjà la procureure précise qu’« aucune trace d’intervention d’un tiers n’a été détectée », ce qui irait dans le sens d’un suicide, hypothèse avancée dès la disparition du religieux.
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Une plainte pour « attouchements sexuels »
Au moment de la disparition du père Christophe Guegan, un chien saint-hubert de la gendarmerie de Rennes avait identifié la dernière trace du curé au niveau des Roches du diable : un endroit lugubre qui domine de près de 5 mètres l’Ellé, une rivière tumultueuse dont les tourbillons charrient une écume ocre de vase. « C’est un endroit à suicides », avait alors témoigné un kayakiste habitué des lieux à Paris Match.
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Si l’hypothèse avait alors été jugée peu crédible par les paroissiens : « Il aurait fallu que quelque chose d’insurmontable lui arrive. Et encore… », s’exclamait ainsi un animateur pastoral dans nos colonnes, « Le Télégramme » avait néanmoins révélé que la veille de sa disparition, le père Christophe Guegan avait été avisé qu’une plainte pour « attouchements sexuels » avait été déposée à son encontre. Les faits dénoncés se seraient déroulés au début des années 2010, « dans le pays d’Auray » et « auraient pu être commis sur un même plaignant, alors encore mineur, puis tout jeune majeur ». Ce dernier aurait effectué un signalement à Paris avant de déposer plainte à Lyon. Sa plainte avait ensuite été transférée au parquet de Lorient en avril 2024, soit quatre mois après la disparition du curé.
À l’époque des faits présumés, le père Christophe Guégan s’occupait d’un internat d’élèves entre la 4e et la classe de terminale au Foyer Jean-Paul II de Sainte-Anne-d’Auray. Depuis 2001, le prêtre morbihannais accompagnait également de nombreux scouts du diocèse, y compris lors de grands rassemblements régionaux.
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De nombreux hommages
Une révélation qui avait surpris nombre de paroissiens, qui avaient de lui une image d’homme « droit », « bienveillant », « un saint ». Jeudi 12 mars, son successeur à la paroisse de Ploërmel les a invités à prier pour le père Christophe Guégan tandis que les hommages à l’homme d’Église se multiplient, rapporte « Ouest-France ». « Il aura marqué incontestablement Ploërmel, a ainsi témoigné le maire de la commune, Patrick Le Diffon. On le voyait souvent dans des manifestations festives. »