L’échéance se rapproche et le suspense demeure dans toutes les métropoles. À deux jours du premier tour des élections municipales, Le Parisien fait le point sur les derniers sondages disponibles dans les dix plus grandes villes de France.
Paris
Après 25 ans de gestion socialiste de l’Hôtel de Ville, Paris pourrait-elle basculer à droite ? Alors que les Parisiens s’apprêtent à élire leur maire directement, grâce à la réforme dite « PLM », le résultat de ces élections est plus qu’incertain.
Selon le sondage Ifop-Fiducial pour « Le Parisien », LCI et Sud Radio, publié le 6 mars, Emmanuel Grégoire (PS-PCF-Les Écologistes) est en tête (33 %), suivi de Rachida Dati, qui tire la liste LR-MoDem-UDI, à 29 %. Derrière, Sarah Knafo (Reconquête) crée la surprise avec 12 %, devant Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) à 11,5 % et Sophia Chikirou (LFI) à 10 %. Thierry Mariani (RN-UDR) ne décolle pas, à seulement 3 %.
Le sondage Elabe pour BFMTV, La Tribune Dimanche et Le Figaro, publié le lendemain, indique lui qu’Emmanuel Grégoire est en tête (32 %), devant Rachida Dati (26,5 %), Sarah Knafo (13,5 %), Pierre-Yves Bournazel (12 %), Sophia Chikirou (10,5 %) et Thierry Mariani (3 %).
L’enjeu du premier tour sera avant tout de déterminer qui se qualifie pour le second. Emmanuel Grégoire a d’ores et déjà exclu toute alliance avec LFI, tandis que Sarah Knafo a tendu la main à Rachida Dati pour une fusion de listes. Cette configuration à cinq listes potentiellement qualifiables rend le second tour parfaitement imprévisible.
Marseille
La cité phocéenne pourrait-elle tomber aux mains du Rassemblement national ? Le dernier sondage OpinionWay pour CNews, Europe 1 et Le JDD, publié le 11 mars, crédite le maire sortant Benoît Payan de 36 %, devant le candidat (RN-UDR-Reconquête) Franck Allisio (34 %). La candidate du camp présidentiel, Martine Vassal, obtient 13 % des intentions de vote et devance légèrement Sébastien Delogu (LFI), crédité de 12 %.
Vendredi dernier, Jean-Luc Mélenchon a proposé une fusion « technique » entre Sébastien Delogu et Benoît Payan pour le second tour, une hypothèse que ce dernier a toutefois repoussée. Le maire sortant est en position favorable, quoi qu’il arrive. Au second tour, en cas de quadrangulaire, c’est lui qui arriverait en tête (40 %), devant Franck Allisio (36 %), Martine Vassal (13 %) et Sébastien Delogu (11 %). Dans l’hypothèse d’une triangulaire sans Sébastien Delogu, Benoît Payan serait toujours en tête (50 %), suivi de Franck Allisio (37 %) et de Martine Vassal (13 %).
Lyon
À Lyon, l’écart se resserre à quelques jours du premier tour des élections municipales. Jean-Michel Aulas, soutenu par une large coalition allant de LR à Renaissance en passant par Horizons, MoDem et l’UDI, est crédité de 43 % des intentions de vote au premier tour selon le dernier sondage OpinionWay pour CNews, Europe 1 et Le Journal du Dimanche de ce jeudi.
Il est devant le maire écologiste Grégory Doucet (35 %) et Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) à 9 %, possiblement exclue du second tour. Alexandre Dupalais (UDR-RN) est à 6 % et Georges Képénékian, sans étiquette, est à 3 %.
Au second tour, Jean-Michel Aulas serait donné gagnant face à Grégory Doucet dans la plupart des scénarios. Mais le maire écologiste sortant et l’Insoumise n’excluent pas de faire alliance au second tour pour battre l’ancien président de l’Olympique lyonnais.
Toulouse
À Toulouse, la gauche et la droite sont au coude à coude. Selon un sondage Cluster17, publié le 9 mars, le maire sortant Jean-Luc Moudenc (LR-Renaissance-MoDem-UDI-Horizons) arrive en tête à 33 %, juste devant François Briançon (Union de la gauche : PS-PCF-Écologistes-Génération. s) à 30 %. François Piquemal (LFI) est troisième à 23 %, devant Julien Leonardelli (RN-UDR) à 6 % et Arthur Cottrel (Reconquête) à 2,5 %.
L’issue du scrutin dépendra du scénario du second tour. En cas de triangulaire Moudenc-Briançon-Piquemal, Jean-Luc Moudenc l’emporterait, selon le même sondage. Mais en cas de duel avec Briançon — si LFI se désiste ou fusionne —, c’est le candidat de gauche qui serait donné gagnant.
Nice
Le duel niçois est pour l’instant remporté par Éric Ciotti (UDR-RN) au premier tour. Il affronte son ancien mentor Christian Estrosi (Horizons-LR), maire sortant. Selon le sondage Elabe pour BFMTV, Le Figaro et Nice-Matin du 27 février, publié avant les révélations du Parisien sur l’affaire de la tête de porc, Éric Ciotti serait en tête avec 41 % des voix, devant Christian Estrosi à 30 %.
Juliette Chesnel-Le Roux (Les Écologistes-PS-PCF) est à 13 %, devant Mireille Damiano (LFI-Viva !) à 11 % et Cédric Vella (Reconquête) à 4 %. Au second tour, Éric Ciotti partirait favori dans tous les scénarios, avec plus ou moins d’avance en fonction des hypothèses.
Nantes
Nantes, bastion socialiste depuis 1989, pourrait-elle basculer à droite ? La maire sortante socialiste Johanna Rolland est créditée de 38 % selon le sondage Cluster17 pour Politico du 5 mars. Elle est devant une droite rassemblée derrière Foulques Chombart de Lauwe (LR-MoDem-Renaissance-Horizons) à 31 %. William Aucant (LFI) est à 13 %, Mounir Belhamiti (DVC, dissident macroniste) à 5 % et Jean-Claude Hulot (RN-UDR) à 6 %.
Tout l’enjeu réside dans l’entre-deux-tours. Deux scénarios se dessinent : si les Insoumis se rangeaient derrière la maire sortante, Johanna Rolland l’emporterait largement avec 54 % des suffrages. Si LFI décidait de se maintenir au second tour (en cas de qualification), Johanna Rolland serait alors battue d’une courte tête (40 %) par Foulques Chombart de Lauwe (42 %).
Montpellier
À Montpellier, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse fait la course en tête avec 32 % des voix, selon le sondage OpinionWay pour Altrad 2026, publié le 21 février.
Mais la configuration de la ville est particulièrement éclatée avec pas moins de onze candidats en lice. À égalité en deuxième position, Nathalie Oziol (LFI) et le milliardaire Mohed Altrad (Divers) sont tous deux crédités de 15 % — avec la réserve notable que ce sondage a été commandé par Mohed Altrad lui-même. Philippe Saurel (DVG), l’ancien maire, résiste à 9 %, Rémi Gaillard (Divers) à 7 % et France Jamet (RN-UDR) est à 6 %.
Michaël Delafosse part favori pour un second mandat, mais les reports seront déterminants.
Strasbourg
Un duel de listes de gauche pourrait avoir lieu à Strasbourg (Bas-Rhin). L’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann est donnée en tête à 31 %, devant la maire écologiste sortante Jeanne Barseghian à 20 %, selon le sondage Cluster17 pour Politico du 12 février.
Jean-Philippe Vetter (LR-UDI-DVD) complète le podium à 19 %, Virginie Joron (RN-UDR) est créditée de 11 % et Florian Kobryn (LFI) de 10 %. Ces derniers pourraient également se maintenir au second tour.
Pierre Jakubowicz (Horizons-MoDem-Renaissance) semble éliminé dès le premier tour avec 5,5 %. Si les socialistes et les écologistes refusent de fusionner pour le second tour, cela pourrait profiter à Jean-Philippe Vetter.
Bordeaux
À Bordeaux, le maire sortant écologiste est bien parti pour rester. Pierre Hurmic est en tête avec 31 %, selon le sondage Cluster17 pour Politico du 9 mars. Thomas Cazenave (Renaissance-LR-Horizons-MoDem-UDI) est à 26 %. L’économiste Philippe Dessertine (DVC) est à 17 %, Nordine Raymond (LFI-REV) est crédité de 11,5 %, Julie Rechagneux (RN) de 6 %, Philippe Poutou (NPA) de 3 % et Virginie Bonthoux Tournay (Reconquête) de 3 % également.
Si Philippe Dessertine se maintient au second tour, la situation pourrait être favorable pour Pierre Hurmic qui attirerait des voix modérées qui auraient pu aller à Thomas Cazenave. Le maintien ou non du candidat LFI au second tour, si tant est qu’il se qualifie, sera aussi l’une des clés du second tour.
Lille
La ville de Lille, bastion socialiste, pourrait entrer dans une nouvelle ère. Le successeur désigné de Martine Aubry, Arnaud Deslandes (PS-PCF-PP), est donné en tête à 26 % selon le dernier sondage Cluster17 pour Politico du 10 mars, mais la gauche est fragmentée.
Stéphane Baly (Les Écologistes-Génération. s) et Lahouaria Addouche (LFI) sont tous deux à 19 %, devant Violette Spillebout (Renaissance-Horizons-MoDem) à 16 %. Matthieu Valet (RN) est à 12 % et Louis Delemer (LR-UDI) à 6 %.
Arnaud Deslandes est donc en position dans la perspective du second tour. Mais si Stéphane Baly et Lahouaria Addouche se maintenaient, il pourrait pâtir d’un éparpillement des voix de gauche, ouvrant une porte à la droite qui n’a pas dirigé Lille depuis plusieurs décennies.