Pierre, pouvez-vous expliquer pourquoi vous vous êtes éloigné du club depuis le match perdu à domicile contre Clermont le 14 février ?
« Je fais ce métier depuis quinze ans, je suis dans le rugby professionnel depuis 32 ans et c’est vrai que j’ai un tempérament qui fait que je ne m’économise pas mais j’avoue que, là, je l’ai pris dans la gueule. J’ai eu ce qu’on peut appeler une décompensation, une surcharge de travail. Je l’ai sentie un peu arriver mais on a toujours cette sensation d’être un surhomme, on s’occupe toujours des autres et peu de soi. On fait un métier fabuleux, on ne compte pas ses heures et on se dit toujours que ça va aller. Ce n’est pas tant la charge de travail sur le terrain qui est lourde, c’est la charge mentale. Ce n’est pas un match perdu qui m’a mis dans cet état. C’était certainement la goutte d’eau qui a tout fait déborder, et mon corps m’a lâché. »
Concrètement, comment cela s’est traduit ?
« Je me suis vraiment mis sur pause et c’est un luxe d’avoir pu le faire. Je suis quelqu’un qui ne dort pas énormément, cinq ou six heures par nuit, mais là j’ai dormi cinq jours d’affilée. C’est assez effrayant, notamment auprès de tes enfants qui ne te reconnaissent …