La justice a choisi, vendredi, l’offre du groupe Cafom pour la reprise des marques et des stocks de Brandt, ancien acteur majeur de l’électroménager placé en liquidation judiciaire en décembre. Cette décision écarte les derniers espoirs d’une relance industrielle sur les sites historiques du groupe en France.
La proposition de Cafom (Centrale d’achat française pour l’Outre-mer), d’un montant de 18,6 millions d’euros, a été préférée à 35 autres offres déposées pour acquérir les actifs du groupe centenaire qui réunit les marques d’électroménager Brandt, Vedette, Sauter et De Dietrich. La plupart des candidats, comme Cafom, visaient surtout les dizaines de milliers de produits encore en stock ainsi que les pièces détachées.
Certaines productions pourraient vite redémarrer
Le PDG de Cafom, Hervé Giaoui, a mis en avant la solidité financière de son entreprise pour expliquer la décision du tribunal. « 1.400 personnes, 450 millions de chiffre d’affaires, zéro dette, 165 millions de fonds propres », a-t-il déclaré à l’AFP, estimant que ces éléments ont « sécurisé le tribunal ».
Selon lui, certaines productions pourraient redémarrer rapidement. Un accord avec un industriel en Alsace doit permettre de fabriquer des plaques à induction « sous trois mois, six mois maximum », avec la promesse de « 30 à 60 emplois » dans l’est de la France. Il a également évoqué la fabrication de lave-vaisselle en Bretagne en « co-branding » avec l’entreprise EverEver. Evoquant les anciens salariés de Brandt, il a ajouté : « C’est dur. Je ne vous cache pas que je ne peux rien faire pour eux ».
« La disparition de Brandt est actée »
Plusieurs élus espéraient pourtant relancer l’activité industrielle sur les anciens sites près d’Orléans et de Vendôme (Loir-et-Cher), où environ 700 personnes travaillaient avant la liquidation. La région Centre-Val-de-Loire et Orléans Métropole avaient ainsi soutenu, avec l’entreprise néo-calédonienne Gladius, une offre visant à préserver en France ces « marques mythiques ».
Cette option n’a pas été retenue. « En écartant la seule reprise porteuse d’un avenir industriel, c’est la disparition de Brandt qui est actée, tout comme la fin du made in France », a réagi auprès de l’AFP le président de la région François Bonneau. Les créances du groupe sont estimées à environ 200 millions d’euros et, pour les anciens salariés, la perspective d’un retour dans leurs usines apparaît désormais très incertaine.