C’est un constat très critique dressé par Arnaud Montebourg sur BFMTV ce vendredi 13 mars. L’ancien ministre de l’Économie observe « une très grande servilité » de l’Union européenne à l’égard des États-Unis. « Donald Trump l’a parfaitement compris. Il s’en sert avec beaucoup plus de cruauté que ses prédécesseurs », selon Arnaud Montebourg, interrogé sur le rôle des 27 dans le conflit en Iran.
Mais rien de nouveau pour lui: il s’agit d' »une tradition politique » dans les relations entre Washington et l’UE, et non d' »un sujet du néo-empereur Trump ».
Joe Biden « a négocié dans notre dos le contrat d’armement avec l’Australie »
Celui qui ne dispose d’aucun mandat politique depuis plus de 10 ans rappelle les différends entre l’UE et les États-Unis ces dernières années. Sur notre antenne, Arnaud Montebourg rappelle les révélations d’Edward Snowden sur la mise sur écoute de dirigeants européens de dirigeants européens. Il évoque aussi le rachat des activités « Énergies » d’Alstom par General Electric, alors qu’il était ministre de l’Économie sous la présidence de François Hollande à l’époque.
Arnaud Montebourg cite également l’accord de coopération militaire Aukus entre l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni. Cela a mis un terme à l’engagement pris par Canberra d’acquérir à la France 12 sous-marins conventionnels pour 56 milliards d’euros. Selon lui, Joe Biden « a négocié dans notre dos le contrat d’armement avec l’Australie ». Face à ces affaires, Arnaud Montebourg regrette le manque de « réaction » des Européens, notamment l’absence de réciprocité dans les droits de douane imposés par Donald Trump.
« On est dans la tenaille. Soit l’Europe se réveille, soit nous allons disparaître économiquement, politiquement et presque humainement », prévient Arnaud Montebourg, aujourd’hui retiré de la vie politique et entrepreneur.