Depuis deux ans, l’association du Grand Soufflet gère la crise, s’emploie à absorber la baisse de subvention du conseil départemental (son principal partenaire), tout en limitant la casse. À six mois de la 31e édition de son festival, qui se déroulera du 30 septembre au 11 octobre, l’annonce de l’abandon, pour 2026, du Village du Thabor- ses deux chapiteaux et sa guinguette- est un coup dur, tant le dispositif assure sa visibilité au Grand Soufflet dans la capitale bretonne.
Ses responsables relativisent les conséquences de ce renoncement qui n’a rien du coup de massue de dernière minute. « La baisse de subvention a, dès le départ, ébranlé le schéma économique du Thabor dont l’installation, à l’échelle de notre association, représente un investissement conséquent, précise Dimitri Delestre, en charge des publics. L’idée d’y renoncer avait été évoquée, dès 2025. Mais, pour les 30 ans, nous avions décidé de nous maintenir. »
45 000 € en moins depuis deux ans
L’édition-anniversaire de l’an dernier a été déficitaire, malgré le succès public. D’où cette décision de se passer du Thabor en 2026. Mais sans l’abandonner, en adoptant un rythme biennal : le Grand Soufflet reviendra donc, en 2027, dans le parc rennais. « La subvention du conseil départemental est passée de 100 000 € à 66 000 €. Une petite aide de la Ville de Rennes manque également. Depuis deux ans, notre budget est amputé de près de 45 000 €. »
Ce choix de se passer du Thabor, une édition sur deux, est mûrement réfléchi. « Nous devons nous adapter, sans misérabilisme, estime Dimitri Delestre. D’où un gros travail sur le budget, de la part de notre conseil d’administration avec une idée en tête : écrire une nouvelle page du festival pour que, dans 30 ans, il soit encore là. Il est parfois judicieux de ralentir pour aller plus loin. »
En octobre prochain, 30 à 40 formations, orientées musiques du monde, se produiront dans une quarantaine de communes d’Ille-et-Vilaine. Sans perdre le contact avec Rennes. Le festival sera présent dans les bars, au Blosne, à la MJC Béquigny… L’absence de réelle vitrine dans la capitale bretonne lui rappellera ses jeunes années, avant qu’il ne s’installe place du Parlement, puis, à partir de 2014, au Thabor.