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La désertification médicale frappe durement le Tarn Sud. Un projet de centre de santé à Castres, soutenu par 17 médecins retraités, pourrait soulager 7 000 habitants sans médecin traitant. Reste à valider financement et autorisations.

Face à la désertification médicale, 7 000 habitants de Castres et de ses environs seraient sans médecin traitant. Et la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) du Tarn Sud est en train d’essayer de trouver une solution à tous ces patients en galère. Cette association, qui regroupe 420 professionnels de santé libéraux du territoire qui peuvent ainsi s’organiser pour répondre à des problématiques communes, a le projet de monter un centre de santé à Castres.

Et pour cela, la CPTS va s’appuyer sur une association de médecins retraités portée par le Dr Alain Pagès de Sémalens, qui vient d’être créée et qui réunit déjà 17 docteurs. Des volontaires pour se relayer dans ce futur centre afin de traiter « les soins non programmés » de tous ces patients en déshérence médicale qui ne trouvent parfois pas d’autres solutions que d’aller encombrer les urgences pour soigner des petits bobos ou des maladies courantes telles que la grippe ou une simple angine. Un infirmier en pratique avancée pourrait aussi faire partie de ce dispositif afin de suivre les personnes souffrant d’une affection longue durée qui doivent consulter régulièrement pour des soins chroniques.

« L’objectif n’est pas qu’ils y restent longtemps »

Pour le moment, les statuts associatifs, le projet de santé et le lieu ne sont pas validés par les institutions comme l’Agence régionale de santé et restent dans le domaine de l’hypothétique. Mais le projet existe et avance.

Il faudra également trouver l’équilibre financier de ce centre de santé qui ne pourra pas uniquement fonctionner avec les tarifs des consultations pour rémunérer les médecins et le secrétariat. Les collectivités locales devront sans doute mettre la main à la poche.

Le centre de santé deviendrait donc le médecin traitant de tous ces patients. « L’objectif n’est pas qu’ils y restent longtemps », précise cependant Sébastien Sentis, le trésorier de la CPTS Tarn Sud, qui souhaite offrir une solution provisoire en attendant de leur trouver un médecin traitant. Notamment via leur filière au sein de l’association qui permet de faire « matcher » des patients et des médecins. Et la structure travaille aussi à favoriser l’installation de nouveaux médecins sur le territoire. « On a un groupe de médecins remplaçants qu’on fédère avec un potentiel d’installation », continue Sébastien Sentis.

Un projet de centre de santé qui sera notamment évoqué lors de la deuxième édition du salon « Tarn & Santé » organisé par la CPTS le samedi 11 avril au parc des expositions. « Notre objectif est simple : offrir un lieu où chaque citoyen peut trouver une réponse à ses questions restées sans réponse et découvrir les innovations qui simplifient le parcours de soins », explique Sébastien Sentis.