Une opération « inédite »
Cette opération inédite, préparée depuis plusieurs mois dans la plus grande discrétion par deux juges d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs), était baptisée « Octopus » (pieuvre). Pilotée par la section de recherches de Marseille, elle a été menée par quelque 900 gendarmes dans six départements, notamment les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et le Gard, selon des sources proches du dossier.
Elle est l’issue d’une vaste enquête ouverte début 2024 et destinée à attaquer « le cœur » de ce groupe criminel qui est tout sauf « une construction policière ou journalistique », a expliqué samedi le procureur de Marseille Nicolas Bessone.
42 interpellations, 26 mises en examen
Sur les 42 personnes interpellées, 26 ont finalement été mises en cause et 15 ont été placées en détention provisoire. Parmi elles, figurent 9 femmes témoignant d’une « véritable féminisation du narcobanditisme » et 20 sont originaires de Marseille confirmant que ce groupe criminel, qui s’est aujourd’hui développé tel une pieuvre dans la région et au-delà, est bien « une organisation marseillaise », a insisté le procureur.
Cinq personnes, parmi lesquelles les trois chefs présumés du clan, étaient déjà détenues, dont quatre dans les prisons de haute sécurité voulues par le gouvernement pour entraver les narcotrafiquants qui pilotent leurs activités depuis leurs prisons
Un avocat corrompu
Alors que les autorités alertent régulièrement sur les risques de corruption d’une telle organisation, qui dispose d’une surface financière exceptionnelle, un avocat a été écroué. Il est soupçonné d’avoir été corrompu et d’avoir permis à l’un des trois chefs de clan se trouvant actuellement dans l’une des prisons de haute sécurité de communiquer malgré tout avec l’extérieur, via la ligne ouverte par cet avocat, des courriers soumis au secret professionnel ou encore via l’ordinateur de ce dernier.
Selon une source proche de l’enquête, il s’agit d’un avocat lyonnais qui devait défendre fin mars un des chefs présumés de la DZ Mafia dans un dossier de double homicide commis en 2019.
Deux rappeurs mis en cause
Deux rappeurs sont également mis en cause : Dika mis en examen et placé sous contrôle judiciaire et KITKVT, lui placé en détention provisoire.
Issu de la place marseillaise, Dika apparaît dans les années 2010 et compte quelques millions de vues sur YouTube. Il a signé des featuring notamment avec Naps ou Alonzo.
Des activités diversifiées
La DZ Mafia, nom qui fait référence à l’Algérie, domine actuellement le marché de la drogue à Marseille et s’étend le long du Rhône et ailleurs en France. Ce nom a émergé lors du bain de sang à Marseille en 2023 lié notamment à la guerre l’opposant au clan Yoda.