Faut-il négocier avec la Russie ? Alors que la guerre en Ukraine est entrée dans sa cinquième année il y a quelques jours, le Premier ministre belge Bart de Wever estime que l’Union européenne devrait bénéficier d’un mandat de ses pays membres pour négocier avec Moscou.
« Comme on n’est pas capable de menacer (le président russe Vladimir) Poutine en envoyant des armes à l’Ukraine et qu’on ne peut pas l’étouffer économiquement sans l’appui des États-Unis, il ne reste qu’une méthode : faire un deal », déclare ce conservateur flamand dans un entretien avec le journal belge L’Echo. Pour lui, mettre à genoux la Russie ne serait possible qu’à condition d’avoir « le soutien à 100 % des États-Unis ».
« Mais ils ne sont pas du tout pour l’Ukraine. Je pense parfois qu’ils sont plus proches de Poutine que (du président ukrainien Volodymyr) Zelensky », poursuit Bart De Wever. « Sans mandat pour aller négocier à Moscou, on n’est pas à la table des négociations où les Américains, eux, vont pousser l’Ukraine à accepter un deal. Et je peux déjà dire que ce sera un mauvais accord pour nous », affirme-t-il.
Dans la continuité de Macron
Plusieurs dirigeants européens, dont Emmanuel Macron, ont récemment cherché à relancer les contacts avec Vladimir Poutine dans le but de ne pas laisser les États-Unis de Donald Trump tenter seuls d’aboutir à un règlement du conflit. Mais la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas considère que les Européens doivent d’abord s’entendre entre eux sur ce qu’ils attendent de la Russie, avant de parler à son président.
Le mois dernier, elle a insisté pour que l’Europe formule « des exigences maximalistes » et pousse le Kremlin à faire des concessions, y compris en acceptant de réduire ses forces armées.
L’appel à la vigilance de Merz
L’Allemagne, l’un des principaux soutiens de l’Ukraine depuis l’invasion massive déclenchée par la Russie en février 2022, exige aussi une grande vigilance sur les conditions à réunir pour mettre fin aux hostilités.
« Nous devons tous être conscients que la manière dont nous mettrons fin à cette guerre en Europe aura une incidence durable sur notre vie et notre rôle dans le monde », a averti le chancelier Friedrich Merz fin février, considérant que la Russie n’était « pas en train de gagner » dans ce conflit contrairement à ce que sa propagande veut laisser croire.