Vendredi, les gouvernements britannique et irlandais ont annoncé qu’ils soutenaient la proposition de loi «Philomena» qui veut protéger les survivants des foyers gérés par l’Église ou l’État d’une coupe dans leurs aides.

En 1952, Philomena Lee, une Irlandaise de 18 ans, est amoureuse et tombe enceinte. À cette époque, de surcroît dans son pays si catholique, la nouvelle indispose. Ses parents l’envoient à l’abbaye de Sean Ross, un foyer pour jeunes mères encadré par des religieuses. Philomena y effectue des travaux ménagers et peut voir son fils une heure dans la journée. À l’âge de trois ans, celui-ci est confié à une famille américaine et Philomena perd sa trace. Cinquante ans plus tard, cette femme est devenue le symbole du traitement dégradant des filles-mères et de leurs enfants par l’Irlande entre 1922 et 1998 – 9000 bébés sont morts – et son nom, celui d’une proposition de loi portée par le député travailliste Liam Conlon. Son but ? Protéger les 13.000 survivants de ces institutions, mères ou enfants, qui ont accepté ou voudraient accepter une indemnisation du gouvernement irlandais pour le temps passé dans ces structures alors gérées par l’Église ou l’État. Ce vendredi, le premier ministre britannique Keir Starmer a dit soutenir le texte.

Le projet de loi Philomena demande que les indemnités qu’il est possible de percevoir depuis 2024 – entre 5000 € à 125.000 € (4230 £ à 105.000 £) – ne soient pas prises lors du calcul des prestations sociales. Ces deux dernières années, certaines collectivités locales ont envoyé des courriers aux personnes ayant perçu ces indemnités afin de les informer d’une perte d’aides consécutives à ces versements comme l’allocation logement. Selon The Guardian, d’autres survivants ont par conséquent préféré refuser les dédommagements.


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Ce vendredi 13 mars, dans une allocution commune, les gouvernements britannique et irlandais ont annoncé qu’ils soutenaient l’initiative travailliste. Sur X, Liam Conlon s’est réjoui : «Je suis ravie que le gouvernement ait annoncé aujourd’hui qu’il adopterait la loi Philomena ! (…) Cette mesure signifie que les survivants – qui ont subi certains des abus les plus horribles – ne perdront plus leurs prestations sous condition de ressources s’ils acceptent des indemnités pour ce qu’ils ont vécu dans les foyers pour mères et bébés.»

Un rapport de 2021 avait révélé des faits de brutalité, de négligence grave ainsi qu’un nombre préoccupant de décès infantiles dans ces établissements. Cette même année, l’archevêque Eamon Martin, chef de l’Église catholique d’Irlande, avait demandé pardon aux «survivants» et reconnu le rôle de son institution «dans une culture en vertu de laquelle les gens étaient trop souvent stigmatisés, jugés, rejetés».