Les passages dans les bras de Morphée sont plus brefs, mais pas
moins intenses. Selon une enquête OpinionWay pour
l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), réalisée
en décembre 2025, les Français dorment en moyenne 6 h 50
par nuit, soit 14 minutes de moins qu’en 2024. Et pendant
ces quelques heures où l’on se laisse bercer, il s’en passe des
choses.
Tout le monde rêve la nuit, et même plusieurs
fois. En effet, la phase de sommeil dite paradoxale, celle où
surviennent les songes, se répète quatre à cinq fois durant une
même nuit. Mais il est impossible d’enregistrer tous ces rêves.
Ceux qui parviennent à se souvenir d’un ou deux d’entre eux, ce qui
est déjà beaucoup, se réveillent souvent juste après ou en plein
milieu de ces phases.
Pourquoi rêve-t-on
fréquemment de tomber
dans le vide
?
Heureusement, les cauchemars ne représentent qu’une infime
partie des aventures auxquelles on prend part la nuit. Ainsi,
il est plus fréquent de faire de mauvais rêves occasionnels que de
cauchemarder fréquemment. Faire moins de trois cauchemars
par mois est considéré comme normal chez l’adulte. De
nombreuses personnes n’en font même qu’un par mois, voire
aucun.
Certains scénarios sont fréquents, comme se
faire poursuivre par quelqu’un, perdre ses dents,
mais aussi et surtout tomber dans le vide.
Particulièrement troublante, cette sensation de chute brutale donne
l’impression de se réveiller juste avant l’impact.

©
Shutterstock
Chez l’adulte, avoir quelques cauchemars occasionnels est tout
à fait normal. Beaucoup de personnes n’en font
qu’un par mois,
voire pas du
tout.
Une contraction musculaire qui survient lors de
l’endormissement
Pas de panique. Il s’agit d’un phénomène bénin.
Dans ces moments-là, le cerveau joue simplement des tours au corps
qui s’endort. On parle de secousse hypnique (ou myoclonie
d’endormissement), une contraction musculaire involontaire et brève
qui survient lors de l’endormissement.
Ces cauchemars en tous genres ne doivent pas vous alerter. Au
contraire, en faire de temps en temps peut même être rassurant.
Comme le souligne le docteur Jimmy Mohamed sur RTL, ces rêves pas
forcément agréables jouent « un rôle indispensable qui
sert à digérer les émotions ».
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Quand on a
l’impression de tomber, c’est le
cerveau qui joue
des tours au
corps en train
de s’endormir. On parle
alors de secousse hypnique,
une contraction musculaire involontaire et brève
qui survient au moment
de l’endormissement.
Du
rêve au cauchemar, les signes qui doivent alerter
« Les cauchemars sont des régulateurs du stress et de
l’anxiété. Durant la nuit, le cerveau teste plein
d’hypothèses étranges, qui permettent d’être moins stressé au
réveil », explique
le médecin bien connu du grand public. « Les émotions
négatives seraient les premières à être traitées durant la nuit.
Ensuite, le cerveau va traiter les émotions positives, puis les
émotions neutres. »
À noter que des cauchemars trop fréquents peuvent être le
symptôme de troubles plus inquiétants.
Chez les personnes dépressives, des troubles du sommeil
accompagnés de cauchemars peuvent constituer un signal d’alerte.
Ils peuvent augmenter le risque de passage à l’acte suicidaire, le
cerveau pouvant même « mettre en scène » ce type de scénario
pendant le sommeil dans les semaines qui précèdent. Dans ce cas,
il est important d’en parler rapidement à un
médecin. « Lorsque les cauchemars sont très répétés, il
est possible de faire une thérapie par répétition d’imagerie
mentale chez un psychologue ou un psychiatre », ajoute le
docteur Jimmy Mohamed.
