Leurs revendications étaient multiples : contre le « fascisme », le racisme, les violences policières mais aussi la guerre au Moyen-Orient. Des milliers de personnes se sont rassemblées en France au nom de la défense des « solidarités », ce samedi, à la veille du premier tour des élections municipales.

« Si on ne montre pas qu’on est là, les fascistes vont se permettre de plus en plus de choses », lance Matthieu, maçon de 24 ans, présent dans l’imposant cortège lyonnais qui s’est élancé de la place Bellecour, trois semaines après la marche qui avait réuni 3.200 personnes en hommage au militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, mort après avoir été passé à tabac par des membres de l’ultragauche.

« Ce n’est pas normal qu’il y ait une minute de silence pour un nazi et des saluts nazis en bas de chez moi », ajoute-t-il, en référence à la minute de silence observée pour Quentin Deranque à l’Assemblée nationale. Pour Emilie, institutrice de 42 ans, cette marche n’est toutefois pas forcément « une réaction » à celle de fin février. « Le combat contre le racisme est un combat de tous les jours », souligne-t-elle.

Lutter contre « un discours fasciste de plus en plus normalisé »

A Marseille, un rassemblement a réuni 2.450 personnes, selon la préfecture de police. « J’avais envie d’exprimer ma colère. Pour moi, le fascisme, c’est un ensemble de maintiens de pouvoir contre des minorités, les personnes LGBT, les précaires, les racisés. Le discours fasciste est de plus en plus normalisé », explique Sarah Talmite, 28 ans, présente dans ce cortège où flottaient de nombreux drapeaux libanais et palestiniens ainsi que ceux de partis de gauche. « On est ici contre le fascisme, en France et ailleurs », abonde Henry Marianne, 67 ans, qui juge « très important d’aller voter » dimanche.

A Paris, ils étaient aussi des milliers, de tous les âges, à se retrouver place de la Nation pour prendre la direction de celle de la République. Cette « Marche des solidarités » a été organisée à l’appel d’associations et de collectifs de défense des étrangers et de lutte contre le racisme ou les violences policières. De nombreux drapeaux et slogans évoquaient également la guerre au Moyen-Orient et la cause palestinienne.

Plus de 80 rassemblements dans le pays

Sasha, 17 ans, qui regrette de ne pas avoir l’âge de voter, est « venue pour repousser l’extrême droite qui en est train de monter » et protester contre « les génocides qui ont lieu en ce moment ». « Pour moi, la France et l’international, c’est lié. […] Le contexte est de plus en plus inquiétant, chaque action militaire renforce l’inquiétude », estime Martine Hennequin, 68 ans, présente dans ce cortège réunissant des associations d’horizons très divers, comme Greenpeace, Attac, le syndicat étudiant Fage ou d’autres fondées par des proches de personnes décédées au cours de leur interpellation par la police.

Quelque 85 rassemblements étaient annoncés dans le pays pour cette journée, à la veille d’élections municipales très incertaines. Il y avait également quelque 2.000 manifestants à Toulouse, selon l’AFP, ainsi que 1.350 personnes à Bordeaux et 650 à Lille, selon les préfectures.