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Rédaction Paris

Publié le

14 mars 2026 à 17h40

En 2025, 19 agents de la Direction générale des finances publiques se sont suicidés et 21 autres ont tenté de le faire, un bilan qui a conduit un syndicat à alerter la justice sur les conditions de travail au sein de l’administration fiscale. Un syndicat de l’administration fiscale a tiré la sonnette d’alarme sur les conditions de travail de certains agents à Paris. Il évoque un « climat anxiogène », des comportements humiliants et même une « vague de suicides » au sein de l’administration. L’affaire a été portée devant le tribunal administratif de Paris.

Un droit d’alerte déclenché

Le 4 décembre 2025, les délégués syndicaux CFDT Finances de la Direction régionale des finances publiques (DRFiP) d’Île-de-France et de Paris ont exercé leur « droit d’alerte ».

Ils évoquent alors notamment « des faits de rabaissement constant, infantilisation, grossophobie, menaces, misogynie, vulgarité constante, regards froids et insistants, négligence, insultes, propos sexistes, climat anxiogène, peur, anxiété, appréhension à venir travailler, perte de confiance » sur un site logistique situé rue Notre-Dame-des-Victoires, dans le centre de Paris.

Dans une lettre ouverte, un autre syndicat, Solidaires Finances publiques, dénonce pour sa part un « mal-être institutionnalisé » et une « catastrophe humaine ».

Une série de suicides qui inquiète

La situation avait déjà été évoquée dans la presse. Dans un article publié le 8 juillet 2025, Le Monde révélait qu’une vague de suicides secouait la direction générale des finances publiques (DGFiP). 

Selon la secrétaire générale de Solidaires Finances publiques, une nouvelle tentative de suicide aurait encore été signalée début 2026.

La direction refuse d’ouvrir une enquête

Malgré ces alertes, la direction n’a pas donné suite. La directrice du pilotage et des ressources de l’administration a estimé que « les conditions permettant de caractériser un danger grave et imminent n’étaient pas réunies ».

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Les syndicats ont alors renouvelé leur alerte le 11 décembre 2025. Puis, le 15 décembre, ils ont demandé la réunion en urgence de la formation spécialisée du comité social, compétente en matière de santé et de conditions de travail.

Là encore, la direction a refusé.

Une bataille portée devant la justice

Les représentants syndicaux ont alors saisi le juge des référés du tribunal administratif de Paris. Ils demandaient au tribunal d’ordonner à la DRFiP de réunir cette formation spécialisée dans un délai de vingt-quatre heures, sous peine d’astreinte financière.

La loi prévoit en effet que, en cas de désaccord sur la réalité d’un danger, la formation spécialisée doit être réunie « en urgence ».

Mais, dans une ordonnance rendue le 18 décembre 2025 et récemment rendue publique, le juge des référés n’a pas suivi leur raisonnement. Selon lui, la méconnaissance d’un délai prévu par la loi ne suffit pas à caractériser une situation d’urgence.

Le magistrat estime également que les syndicats n’apportent pas d’éléments suffisamment précis pour démontrer l’existence d’un danger grave et imminent. Les documents produits se limiteraient notamment à des courriels adressés à l’administration « rédigés en des termes généraux ».

Au final, la requête a été rejetée « en toutes ses conclusions ».

Une affaire loin d’être terminée

Le dossier n’est cependant pas clos. La requête doit encore être examinée au fond par une formation collégiale de trois juges du tribunal administratif. Mais cette procédure pourrait prendre entre dix-huit mois et deux ans.

Si les magistrats donnaient finalement raison au syndicat, celui-ci pourrait alors demander une indemnisation.

MJ et RB/PressPepper

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