À Lyon, les tensions entre militants issus de mouvances radicales opposées ne datent pas d’hier. Depuis plusieurs années, la ville est régulièrement le théâtre d’affrontements entre groupes d’ultradroite et d’ultragauche. Malgré les procédures judiciaires, les condamnations et les dissolutions administratives prononcées par l’État, ces rivalités continuent d’alimenter un climat de confrontation.
La situation a pris une dimension encore plus grave récemment avec la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, tué après avoir été violemment frappé lors d’affrontements en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à Lyon. Un événement qui a remis au premier plan la question de l’activité persistante de certains groupuscules radicaux dans l’agglomération.
Selon une source sécuritaire, la préfète de région Fabienne Buccio a réuni ce vendredi 13 mars un groupe de suivi des extrémismes violents, rassemblant l’autorité judiciaire, les forces de sécurité intérieure et les services de renseignement.
Objectif de cette réunion : faire un point sur la menace représentée par les groupuscules d’ultradroite et d’ultragauche, particulièrement présents dans la capitale des Gaules, et coordonner l’action des différents services.
De possibles reconstitutions
Les discussions ont notamment porté sur les structures radicales ayant fait l’objet de dissolutions administratives ces dernières années. Les autorités ont en effet évoqué les dissolutions prononcées ces dernières années contre plusieurs organisations radicales actives à Lyon. Le Bastion social avait par exemple été dissous en 2019. En 2023, c’est le GALE qui a été interdit. L’année suivante, les structures Les Remparts, L’Agogé et La Traboule ont à leur tour été dissoutes. Enfin, en 2025, Lyon populaire et La Jeune Garde ont également fait l’objet d’une dissolution administrative.
Malgré ces mesures, plusieurs groupuscules radicaux restent dans le viseur des services, en particulier du côté de l’ultradroite selon la même source.
Les autorités s’intéressent également à d’éventuelles tentatives de reconstitution, notamment concernant la Jeune Garde, après une saisie de la justice par le gouvernement. Autre élément examiné : un signalement effectué au titre de l’article 40 du code de procédure pénale concernant l’utilisation du compte X du GALE, qui pourrait constituer une possible reconstitution du mouvement dissous.