Défenseur légendaire de l’AS
Saint-Etienne, considéré comme le premier grand libéro du football
français et capitaine des Bleus avant Michel Platini, Christian
Lopez fête ses 72 ans.
C’est l’épopée européenne qui a fait basculer le football
français. Lors de la saison 1975-1976, alors que la télévision
venait de s’installer dans les foyers de l’Hexagone, le magnifique
parcours de l’AS Saint-Etienne en Coupe des clubs champions
(l’ancien nom de la Ligue des champions) a fait chavirer toute la
France. Les Verts ont atteint la finale de la compétition contre le
Bayern (0-1), Dominique Bathenay et Jacques Santini frappant les
fameux poteaux carrés avant le but munichois. A leur retour
d’Ecosse, les joueurs de Robert Herbin ont même défilé sur les
Champs-Elysées !
Christian Lopez, qui fête ses 72 ans ce dimanche, est l’une des
grandes figures de cette mythique ASSE. Formé dans le Forez (en
étant repéré par Pierre Garonnaire, recruteur révolutionnaire à
l’époque), ce défenseur aux tacles tranchants a réalisé un retour
héroïque lors du quart de finale retour sur le Ballon d’Or en titre
Oleg Blokhine, à Stade Geoffroy-Guichard. Les Verts ont marqué sur
l’attaque suivante grâce à Hervé Revelli !
A l’époque, les rôles en charnière centrale étaient bien précis
avec un libéro qui restait en couverture et un stoppeur allant au
duel avec l’avant-centre adverse. C’est en 1974, un an avant
l’épopée donc, que Christian Lopez s’impose véritablement en tant
que libéro, avec l’Argentin Oswaldo Piazza en stoppeur. Lopez, un
natif d’Algérie qui a grandi dans la Manche, devient la référence
ultime à ce poste, l’un des plus grands libéros de l’histoire du
football français, comme le précise le site stéphanois
poteaux-carres.com.
Capitaine français à 9 reprises
Avec Sainté, Lopez est quadruple champion de France, en 1974,
1975, 1976 et 1981, et soulève la Coupe de France à deux reprises,
en 1974 et 1975, en perdant quelques années plus tard en finale en
1981 et 1982. Avec ses compères de 1975, il forme ainsi l’équipe
emmenée par Michel Platini et Johnny Rep lors des exploits du début
des années 1980. Son aventure se finit mal en 1982: le défenseur
refuse de prolonger alors que les dirigeants lui expliquent qu’il
redeviendrait stoppeur…
En équipe de France, Christian Lopez est l’un des tauliers des
Bleus à partir de 1975 (39 sélections jusqu’en 1982), notamment
lors de la courte Coupe du monde 1978 en Argentine, et porte le
brassard à neuf reprises lors des absences de Marius Trésor,
jusqu’à la prise de pouvoir de « Platoche » pour le Mondial 1982.
Lopez entre à la place de
Patrick Battiston, percuté de plein fouet par Harald
Schumacher, lors du drame de Séville, en demi-finales contre
l’Allemagne de l’Ouest. Le libéro d’1,77 m se retire de la
sélection tricolore, avant ses 30 ans, et manque ainsi le sacre à
l’Euro 1984.