ENTRETIEN – Dans ce film évènement, Xavier Giannoli montre, comme personne avant lui, les coulisses de la collaboration à Paris, entre 1940 et 1944, à travers les destins parallèles de Jean Luchaire, fusillé à la Libération, et de sa fille Corinne. Nous avons réuni le réalisateur et l’acteur.
Comment devient-on collabo ? En s’intéressant à la figure de Jean Luchaire, le réalisateur d’Illusions perdues n’a pas choisi la facilité. Cela tombe bien : l’Histoire est complexe. Ambiguë. Grise. Nuancée. De même qu’il y eut beaucoup de personnalités de droite dans la première Résistance, on trouva des personnalités de gauche pour embrasser le vainqueur allemand en 1940. Ce n’est pas forcément ce que disent les livres d’Histoire, mais c’est la vérité. Ce qui ne signifie pas, malgré les Déat, Laval et Doriot, que la collaboration attirait majoritairement des hommes de gauche. Parce qu’elle n’était pas seulement idéologique. Et que chaque homme, selon sa raison et ses émotions, suit un parcours qui lui est propre.
C’est ce que montre Xavier Giannoli, avec une force et une subtilité rares, à travers la trajectoire de Jean Luchaire. Briandiste convaincu, héraut de la réconciliation franco-allemande après 14-18, journaliste au charme incommensurable, charismatique, séducteur, il a…
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