Publié le
15 mars 2026 à 11h40
Si vous êtes venus à la Foire au Boudin de Mortagne-au-Perche (Orne) cette année, vous avez sûrement croisé Daniel Otte. À côté des bouchers, des charcutiers et des chefs qui faisaient tout le week-end des démonstrations culinaires, Daniel Otte, de son côté, sculptait d’impressionnantes œuvres dans des fruits et légumes. Un moyen pour lui de rendre service, mais surtout de rendre tout ce que la Foire au Boudin a su lui offrir depuis des années : quelques prix, mais surtout de nouveaux amis, et un bel échange culturel.
Daniel Otte, boucher dans le centre de l’Allemagne
Car Daniel Otte est venu exprès pour la Foire au Boudin. Le reste de l’année, il est boucher dans la petite ville de Schönhagen, peuplée de 150 habitants, et située en plein centre de l’Allemagne. Dans sa boucherie, il propose de la viande, des saucisses, des plats préparés… et du boudin noir !
C’est en effet en 2020 que Daniel Otte a participé pour la première fois à la Foire au Boudin. Au départ un peu hésitant, ses proches lui invitent à sauter le pas, et plutôt que d’envoyer uniquement ses boudins au concours, il décide d’y aller en personne !
Mais où se loger ? Pourquoi pas chez Jean-Claude Hameau, l’ex charcutier de Mortagne-au-Perche ? « J’étais d’accord pour loger des personnes, à condition qu’elles parlent français », nous précise Élisabeth Hameau.
Ça tombe bien ! Daniel Otte parle la langue de Molière de façon tout à fait remarquable. « C’est une langue que j’ai apprise dans les années 1990 », précise le boucher de 48 ans, « mais ça ne me servait pas tant que ça jusqu’ici, hormis pour échanger avec quelques clients belges ».
Vidéos : en ce moment sur ActuUn apport culturel et culinaire, année après année
Depuis, Daniel Otte et Jean-Claude Hameau sont devenus de très bons amis, « on parle régulièrement, c’est super, car ça me permet de travailler ma langue française ». En échange de bon procédé d’ailleurs, « le petit-fils de Jean-Claude est venu passer une semaine chez nous », précise Daniel Otte.
Un bel échange linguistique et culturel, « peu à peu, j’ai appris à comprendre comment se comporter en France ; car les façons d’être, les coutumes, ne sont pas tout à fait les mêmes ». Mais un échange culinaire, aussi.
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D’ailleurs, le boudin noir se consomme en Allemagne, mais pas tout à fait comme en France, « chez nous, il est mangé plutôt froid, façon ‘snack’, et coupé en tranches ».
« Un vrai bonheur d’être ici »
Pour Daniel Otte, être présent à la Foire au Boudin, c’est un vrai bonheur, « j’adore être au contact des gens, et parler avec le public, c’est une vraie fierté pour moi, car apprendre une langue demande beaucoup de patience ».
Chaque année, quand je viens, c’est un vrai voyage culinaire qui s’offre à moi, je découvre de nouvelles choses, de nouvelles spécialités.
Daniel Otte, boucher basé à Schönhagen, en Allemagne.
« J’adore cet art artisanal, cet art de la charcuterie », appuie Daniel Otte. Ses compétences ne s’arrentent pas aux métiers de bouche, d’ailleurs. Ce week-end, s’il était déjà possible d’admirer ses sculptures sur fruits et légumes – un second talent – les visiteurs ont aussi pu l’entendre chanter, accordéon dans les bras – un troisième talent !
Pour résumer Daniel Otte, une personne créative et souriante à la bonne humeur communicative, avec une devise, « Apprendre une langue, c’est surmonter les frontières. » On ne pourra pas lui donner tort.
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