Malgré la victoire décrochée in
extremis, au terme d’un match de légende (48-46), l’avenir du XV de
France pourrait s’assombrir.
Il est difficile de ne pas être traversé par de nombreux
sentiments au lendemain de ce France-Angleterre. Les Bleus l’ont
emporté au terme d’un match absolument dingue (48-46),
immédiatement entré dans la légende du « crunch ». Une
rencontre surprenante et débridée, à l’image d’un Tournoi des Six
Nations qui aura proposé des surprises à chaque journée.
A l’arrivée, la France a remporté la compétition pour la
deuxième année de suite. Mais certains observateurs estiment que le
vrai vainqueur est… l’Afrique du Sud, car aucune nation européenne
ne s’est montrée souveraine à un peu plus d’un an de la Coupe du
monde 2027.
C’est ce qui ressort de la chronique de Jean-Baptiste Elissalde
dans L’Equipe. En tant que « passionné de
rugby », l’ancien Toulousain « s’est
régalé ». « Parallèlement, il y a le côté
technicien, poursuit-il. Et là, c’est bien sûr très
différent à cause des difficultés de la conquête en mêlée et celles
dans le jeu au sol. Il a fallu attendre près de 180 rucks au bout
de deux matches et un contest de Jean-Baptiste Gros pour en
récupérer un. Surtout, les errements défensifs ont encore été
criants face à l’Angleterre. En n’attaquant pas les rucks, ça
laisse beaucoup de momentum à l’équipe adverse et les Français sont
souvent sur les talons. »
Les Bleus champions du monde ? Pas avec cette défense…
Le talent des attaquants français, incarné par Louis
Bielle-Biarrey, Matthieu Jalibert et Thomas Ramos (on oublierait
presque Antoine Dupont), a permis de compenser la porosité du mur
défensif des Bleus. Pourtant, les 96 points encaissés en deux
rencontres contre l’Ecosse et l’Angleterre (qui n’ont pas toujours
été aussi fringants offensivement dans ce Tournoi) ont un côté très
préoccupant.
« Avec une telle défense, c’est difficile de dire qu’on
veut être champions du monde. Ce n’est pas possible d’encaisser
autant de points », estime Elissalde, qui ne sait pas
s’il faut voir le verre à moitié ou à moitié plein.
« Malgré tout, la France est championne d’Europe. Elle
trouve aussi du caractère avec cette fin de match gagnée à la
dernière seconde. Ça, c’est positif. » Comme le fait que
Fabien Galthié sait désormais quoi travailler en priorité.