Chaque semaine, “Télérama” arpente les rues de Paris à la recherche des plus belles créations de street-artistes en accès libre. Aujourd’hui, la pionnière originaire de Toulouse a posé une Fafinette, non loin de la galerie où elle est exposée.
Une Fafinette monochrome de Fafi, sur le boulevard Richard-Lenoir, à Paris. Photo Olivier Granoux pour Télérama
Publié le 13 mars 2026 à 12h00
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En 1994, à une époque dominée par le graffiti, Fabienne Saincry est l’une des rares filles à peindre dans la rue. Du côté de Toulouse, sous le pseudo de Fafi, elle revendique sa différence en dessinant au pinceau ses Fafinettes, personnages cartoonesques et stylisés, qui assument leur sensualité souveraine et provocante. Dans un milieu très majoritairement masculin et porté sur la calligraphie, son esthétique girl power séduit vite. Premières expos dès 2002, puis gros buzz à Paris dans le concept-store branché Colette en 2006, qui lui ouvre de nombreuses portes outre-Atlantique. Fafi va alors y exposer régulièrement son style pop et urbain, tout en collaborant avec de nombreuses marques (Adidas, M.A.C, Chanel, Hennessy…) ou des musiciens, pour leurs clips. Par exemple, elle en réalisera un pour Lily Allen, où la chanteuse anglaise apparaît aux côtés de Mark Ronson relookée en Fafinette.
Les années 2010 seront plus tristes, plombées par la mort de son ex-compagnon DJ Mehdi. Elle se tiendra en retrait pour s’occuper de leur fils mais n’arrêtera jamais de peindre. Onze ans après sa dernière exposition parisienne, Fafi est de retour à Paris, à la galerie Chenus Longhi, pour montrer ses nouvelles aquarelles et dessins, toujours axés sur les Fafinettes.
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Pas très loin de la galerie, Fafi a posé vite fait, bien fait une Fafinette monochrome. En quelques minutes, juste munie d’un pinceau et d’un tout petit pot de peinture, de nuit ou au petit matin, parfois en talons aiguilles, comme elle aime le préciser, l’artiste continue d’essaimer ses jolies poupées partout où elle passe, sans autorisation. Du coup, beaucoup sont très éphémères. Quelques jours plus tôt, une Fafinette souriait au musée du Louvre, pile en face de la fenêtre par où sont passés les cambrioleurs il y a quelques mois. Le clin d’œil n’a pas plu visiblement, et la peinture a aujourd’hui été recouverte. Reste celle-ci, qu’on croirait dessinée à la craie sur un tableau noir, et qui a le bon goût d’être à dix minutes à pied de « Sugar, Spice & Boys’ Tears », l’exposition haute en couleur (et en entrée libre) d’une pionnière qui en a encore sous le talon aiguille.
Où : 116, boulevard Richard-Lenoir, 11ᵉ. Son Instagram.
« Sugar, Spice & Boys’ Tears », jusqu’au 18 avril à la galerie Chenus Longhi, 116 bv Richard Lenoir, 11e. Entrée libre.