- Une frappe israélienne a tué 12 personnels médicaux ce samedi 14 mars au sud du Liban, fief du Hezbollah, selon Beyrouth.
- Depuis le retour de la guerre, le parti pro-iranien divise profondément la population libanaise.
- Une équipe du JT de TF1 s’est rendue dans un village chrétien piégé entre l’armée israélienne et les combattants chiites.
Suivez la couverture complète
L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase
« Sors d’ici ! » s’écrie une femme. « Ne viens pas chez nous ! » menace un homme. Dans un petit village chrétien du sud du Liban, la foule s’échauffe. Les habitants, réunis pour enterrer leur prêtre tué par une frappe israélienne, s’en prennent à un individu. Son tort : il a soutenu publiquement le parti pro-iranien Hezbollah. « On ne peut avoir de relations qu’avec des gens respectueux, et celui qui nous traite comme un paillasson, on ne lui pardonnera jamais », explique une habitante, dans le reportage du JT de TF1 en tête de cet article.
« Si nous quittons le village, ce sera un désastre »
Le village est coincé entre la frontière israélienne, à un kilomètre, et les combattants du Hezbollah, extrêmement influents dans le sud du Liban. Les bombardements israéliens y sont quotidiens. Les tirs de roquette du Hezbollah, au pied du village, le sont tout autant. C’est d’ailleurs la raison de la colère des habitants, qui accusent le parti paramilitaire chiite de les avoir entraînés dans la guerre. Toute la nuit, malgré les tirs, ils tentent de s’organiser pour sécuriser la route et d’éviter toute infiltration des combattants pro-iraniens : « Si nous quittons le village, ce sera un désastre. Il y a un risque élevé qu’ils entrent ici, comme c’est arrivé dans des villages voisins », explique un homme.
« Tout le monde a le droit de défendre le Liban »
Depuis le retour de la guerre dans la région, le rôle du Hezbollah, allié de Téhéran, divise profondément la population libanaise. Dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du parti pro-iranien, les frappes israéliennes ont contraint de nombreux habitants à quitter leur domicile. Devant les caméras de TF1, ils restent cependant prudents : « C’est difficile de vous donner un avis sur le Hezbollah, tout le monde a le droit de défendre le Liban. Après tout, c’est Israël notre ennemie », estime un homme, qui a élu domicile avec sa fille dans une tente sur un parking.
Liban : la vie quotidienne sous les bombesSource : JT 13h WE
02:32
Liban : la vie quotidienne sous les bombes
Réfugiée dans le stade de foot de la ville, une mère de famille dédramatise à outrance : « J’ai dû quitter ma maison, et maintenant on fait du pique-nique, et mon fils peut jouer au football, je suis heureuse. Je le jure devant Dieu, je suis prête à sacrifier mon fils, mes enfants, mon mari pour libérer le sud du Liban. »
Lire aussi
Factions irakiennes, Hezbollah, Hamas, Houthis : l’Iran peut-il encore compter sur ses « proxys » ?
Au Liban, le Hezbollah est un véritable État dans l’État, avec ses écoles, ses dispensaires, ses hôpitaux, et même son système bancaire. Affaibli par la guerre avec Israël à l’automne 2024, qui avait notamment coûté la vie à son chef Hassan Nasrallah, il peut néanmoins compter sur d’importants financements venus de Téhéran. Ainsi, selon Mohamad Barakat, spécialiste du parti chiite, « l’Iran dépense des milliards, ces dernières années, ça a été 10, 20, 30 milliards, tout ça pour avoir un maximum d’emprise dans la région. Et pour ça, le Hezbollah est leur pièce maîtresse. »
IM | Reportage TF1 : François-Xavier MENAGE et Loïc GORGIBUS

