Peu problématique en France, l’amibe mangeuse de cerveau Naegleria fowleri nécessite la plus grande prudence en cas de voyage dans certains pays chauds. Selon les experts, sa prolifération pourrait être favorisée par l’actuel réchauffement climatique.
Un micro-organisme très dangereux
Pour rappel, les amibes sont des micro-organismes appartenant à divers groupes de cellules complexes eucaryotes. S’il en existe de nombreuses espèces, une seule est surnommée « amibe mangeuse de cerveau » : la Naegleria fowleri. Malheureusement, ce surnom n’est pas le fruit du hasard puisque l’amibe en question peut engendrer chez les humains une méningoencéphalite amibienne primitive (MEAP), une infection très grave.
Dans un article publié le 3 mars 2026, le Washington Post a interrogé Dennis Kyle, Directeur du Centre des maladies tropicales et émergentes mondiales de l’Université de Géorgie (États-Unis). Selon l’intéressé, la MEAP est une maladie souvent mal diagnostiquée, principalement en raison de la rapidité d’action de l’amibe. En effet, ce micro-organisme non parasitaire pénètre le cerveau et en détruit les tissus en à peine quelques jours.
Les premiers symptômes sont communs à d’autres maladies – nausées, fièvres, migraines – mais laissent rapidement place à un œdème cérébral. Vient ensuite le coma, puis le décès. Rappelons également qu’en cas d’ingestion, l’amibe est tout à fait inoffensive. Cette dernière représente un danger seulement en cas de pénétration via les voies nasales.
Source: DRCrédits : CDC / Wikimedia Commons
Des cas très rares mais ceci pourrait ne pas durer
Il faut savoir que l’amibe mangeuse de cerveau se retrouve un peu partout dans le monde mais surtout, dans les régions tropicales et autres zones au climat chaud. Elle prolifère aisément dans les sols, les lacs, les rivières mais également, dans les eaux douces thermales. Dans des cas beaucoup plus rares, elle peut se développer dans des piscines mal entretenues et autres petites étendues d’eau non salées. Par ailleurs, un cas de contamination dans l’eau du robinet a été observé au Texas en 2020.
Dans l’actuel contexte de réchauffement climatique, l’amibe pourrait voir sa prolifération facilitée. Avec l’augmentation des températures à l’échelle globale, de nouvelles zones propices à son développement devraient logiquement apparaitre au fil du temps. De plus, ces conditions à l’origine de davantage de périodes chaudes pourraient accroitre le nombre de personnes participant à des activités récréatives dans l’eau, ainsi que la fréquence de ces mêmes activités.
Enfin, les chercheurs d’une étude publiée dans l’Ohio Journal of Public Health en 2023 soulignaient une augmentation significative des cas de MEAP dans le nord des États-Unis. Si la situation préoccupe de plus en plus dans des zones habituellement non concernées, il faut savoir que les cas restent encore très rares. Outre Atlantique, les autorités enregistrent moins de dix cas chaque année. Néanmoins, il n’est pas à exclure que dans les décennies à venir, l’amibe soit de plus en plus problématique au point de devenir une véritable question de santé publique à l’échelle globale.