l’essentiel
Avec le retour des températures douces, les tiques sont déjà actives. Risques, zones à surveiller, prévention… voici ce qu’il faut savoir pour se protéger au mieux.

Attention aux piqûres de tiques : la saison des tiques a commencé. Jonas Durand, ingénieur de recherche à l’Université de Lorraine et au programme CiTIQUE*, nous explique tout ce qu’il faut savoir sur ces acariens parasites potentiellement dangereux pour la santé.

Qu’est-ce que c’est une tique ?

Une tique est un acarien hématophage, elle se nourrit uniquement de sang. En France, on compte une quarantaine d’espèces, mais toutes ne piquent pas l’homme : beaucoup préfèrent d’autres animaux. « Lorsqu’elles se nourrissent, les tiques peuvent devenir porteur de microbes potentiellement pathogènes et transmettre des maladies, telles que la borréliose de Lyme (la plus connue), la rickettsiose, l’encéphalite à tique… », explique Jonas Durand, ingénieur de recherche à l’Université de Lorraine. Les agents transmis varient selon l’espèce de tique.

Où trouve-t-on des tiques ?

Les tiques sont présentes un peu partout, dépendant de l’espèce et des animaux autour. Elles parcourent peu de distances seules, et se déplacent en se nourrissant sur les animaux. En France, l’espèce qui pique le plus l’homme, Ixodes ricinus, préfère les environnements végétalisés, chauds et humides. On la retrouve souvent en forêt, mais aussi dans les prairies, les espaces verts et les jardins.

Des piqûres peuvent survenir à domicile. « Certaines personnes dormant avec leur chat ou avec leur chien et peuvent trouver une tique en se réveillant alors qu’ils n’étaient pas sortis la veille. » Cela s’explique par le fait que les tiques attendent sur la végétation avant de s’accrocher pendant plusieurs heures sur un animal, une personne ou son vêtement.

Existe-t-il des différences selon les régions ?

Oui. Dans le pourtour méditerranéen, le climat méditerranéen plus chaud et sec est moins favorable à Ixodes ricinus, sauf parfois en altitude. On y trouve d’autres espèces adaptées comme celles de genre Dermacentor ou Rhipicephalus sanguineus. Une cartographie des agents pathogènes présents en fonction des régions a été publiée par le programme CiTIQUE.

Quel est l’impact du changement climatique ?

Le changement climatique influence plus ou moins l’activité et la répartition des tiques. Les hivers plus doux prolongent leur période d’activité, tandis que des étés très chauds et secs peuvent leur être défavorables. « On recense plus de piques tout au long de l’année », souligne Jonas Durand.

L’expert observe également une extension en altitude : « il y a 15-20 ans, on disait que l’espèce Ixodes ricinus ne dépassait pas 1 000 mètres. Maintenant, on peut en trouver à 1 750 voire 2 000 mètres. »

Par ailleurs, la tique Hyalomma marginatum, habituellement présente en Afrique du Nord, est maintenant bien installée dans le Sud-Est et le pourtour méditerranéen. « On pense qu’elle risque d’arriver de plus en plus au nord, et de changer son aire de répartition. »

À quelles périodes de l’année sont-elles les plus actives ?

« La période a commencé, notamment à cause des températures plus douces de ces dernières semaines. » L’Ixodes ricinus commence à peu près à s’activer quand les températures dépassent pendant plusieurs jours, plus de 7 °C. Quant au pic d’activité, il est généralement au printemps, en mai-juin, et parfois dès mars-avril dans le Sud. Toutefois, les tiques peuvent rester actives toute l’année.

Quel risque représente-t-elle en France ?

Selon les enquêtes du Baromètre santé, environ 5 % des adultes déclarent être piqués chaque année. Pour les personne touchées par la maladie de Lyme, c’est aux alentours de 50 000 nouveaux cas par an. « Ce n’est pas anodin, estime Jonas Duran. On n’est ni dans les niveaux les plus faibles, ni dans les plus élevés. Mais, il y a un risque pour la santé. Il faut donc alerter les gens. » Il continue : « Dès le mois de mars les tiques sont présentes, mais on y pense moins qu’au pic de mai-juin, ce qui peut retarder leur retrait et augmenter le risque pour la santé. On ne va pas s’empêcher d’aller dans la nature mais il faut adopter les bons gestes de prévention. »

La maladie de Lyme se traite généralement bien lorsqu’elle est diagnostiquée tôt, mais peut parfois entraîner des complications. D’autres maladies transmises peuvent aussi avoir des conséquences sérieuses.

Quels sont les gestes préventifs à adopter ?

Pour réduire les risques :

  • porter des vêtements couvrants
  • utiliser des répulsifs adaptés sur la peau ou les vêtements
  • rester au milieu des sentiers, éviter de marcher proche des herbes, des fougères et des passages avec beaucoup d’animaux
  • inspecter soigneusement son corps après une sortie en nature, y compris dans le jardin, et vérifier de nouveau le lendemain

Que faire en cas de piqûre ?

Si une tique est accrochée, retirez-la le plus rapidement possible à l’aide d’une tire tique ou d’une pince à épiler. Plus on retire une tique rapidement, plus le risque de transmission d’un agent infectieux diminue. Si elle est dans un endroit qui est difficile d’accès, n’hésitez pas à demander de l’aide à un proche.

*Le programme CiTIQUE est un programme de recherche participative destiné à mieux connaître l’écologie des tiques et des maladies qu’elles transmettent, dans un but de prévention. Vous pouvez contribuer à la recherche en signalant toute piqûre de tique.