Figure discrète mais incontournable du centre-ville, le garagiste Eric Finoski poursuit son activité malgré sa retraite prise il y a deux ans. Ce passionné de mécanique et ancien amateur de rallye affirme vouloir continuer à réparer des voitures « tant que ce sera un plaisir de venir chaque matin ».

De prime abord, l’homme est plutôt taiseux, mais il ne faut pas se fier aux apparences… Quand il commence à parler – notamment de son métier – on ne l’arrête plus.

Eric Finoski est l’un des plus anciens garagistes de Montpellier – et même un des derniers à exercer en centre-ville. Retraité depuis deux ans, il n’a pourtant pas voulu fermer son garage qui depuis plus de quarante ans a pignon sur rue. À son compte depuis 1985 et installé avenue de Maurin face à l’arrêt Rondelet depuis 1991, il reste fidèle au poste.

Une passion depuis toujours

Pour lui, réparer les voitures, c’est une véritable vocation. « Depuis tout petit, j’ai toujours aimé la mécanique, mais j’y suis surtout venu par le sport automobile. » Et pour cause, à 20 ans, il se passionne pour les rallyes.

Mais le jeune pilote de l’époque est avant tout sérieux. « J’ai préféré arrêté lorsque j’ai ouvert mon propre garage, je ne pouvais pas gérer les deux… »

Et aujourd’hui, alors que l’heure de la retraite a sonné, il ne se voit pas arrêter. « C’est vraiment une passion et puis je n’aime pas le jardinage », confie-t-il d’un large sourire. « Je ne suis bien qu’ici en fait et je ne sais faire que ça. » Avant d’insister : « Tant que ce sera un plaisir pour moi de venir chaque matin, je continuerai à travailler. »

Ce qui a de quoi rassurer ses habitués choisis sur le volet – un luxe qu’il s’octroie. « J’ai une clientèle fidèle – des personnes qui travaillent en ville ou qui habitent le quartier – et je suis comme les médecins, je ne prends plus beaucoup de gens, je fais au feeling. »

Une passion qui ne lui vient pas de son père qui était tapissier décorateur. « Mais je crois avoir transmis l’amour de la mécanique à mon fils aîné, mais lui, il s’est spécialisé dans l’aéronautique… »

« Tout se répare »

Avec son expérience, il en a vu passer des voitures. « Majoritairement ce sont toujours les mêmes problèmes peu importe la marque, c’est juste la technique qui est différente… » Pour lui, « tout se répare ».

Ce qui ne signifie pas que c’est rentable pour le client. « Dans ces cas-là, je ne prends pas en réparation. Autant acheter une nouvelle voiture… »

Car les prix comme partout c’est le nerf de la guerre. Ce qui désole parfois le garagiste. « Les gens ne se rendent pas compte, pour eux, c’est toujours trop cher. Garagiste, ce n’est pas un métier valorisé, ni rentable au niveau de l’investissement. C’est une profession dans laquelle la marge sur les fournitures est la plus basse. On ne fait pas ça pour devenir riche… Mais c’est tellement passionnant. »

En revanche il est intraitable avec ceux qui n’assument pas les frais liés au choix de leur véhicule. « Les gens qui achètent des grosses voitures, des gros bolides extrêmement chers et qui n’ont pas les moyens de les entretenir, ça me met en rogne. D’ailleurs, j’en escampe régulièrement. »

Pour lui il faut acheter une voiture selon ses moyens mais aussi selon ses besoins. Et l’homme regrette qu’aujourd’hui les voitures soient devenues un objet de consommation comme un autre.

« Même si elles sont plus fiables, à l’époque ça demandait beaucoup de maintenance. Mais aujourd’hui c’est paradoxal, elles sont de moins bonne qualité. »

Et le mécano ne manque pas d’humour : « J’ai des clients qui m’appellent en me faisant écouter depuis leur téléphone le bruit de leur moteur en me demandant un diagnostic juste avec leur son », confie-t-il en levant les yeux au ciel.

Pour leur répondre et bien faire passer le message, il a une technique imparable : « Je leur donne le numéro d’un marabout médium grand voyant », explique-t-il en éclatant de rire. Si on le cherche, on le trouve. « Je ne suis ni voyant, ni médium… je fais juste mon boulot. » Et il le fait bien, avec professionnalisme et passion.