Au milieu des bulletins, une feuille blanche sur laquelle est inscrit « Candidat n°2, plus de bulletin disponible » dans un bureau de vote rue Abbé-de-l’épée à Marseille (5e).
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Le Rassemblement national avait prévenu en amont, cette semaine : il allait être particulièrement attentif aux conditions dans lesquelles allait se dérouler le 1er tour des municipales, à Marseille, quitte à faire feu de tout bois. Aussi, lorsqu’une quinzaine de bureaux de vote les 497 de la ville (soit 3%) n’ont pas ouvert à l’heure prévue (8h), Olivier Rioult, le directeur de campagne et porte-parole de Franck Allisio, du Rassemblement national (RN), l’a immédiatement répercuté auprès de la presse. Selon la Ville de Marseille, ces retards s’expliquent « principalement pour permettre de régler des incidents matériels sans gravité : fuite d’eau dans un bureau, problème électrique, retards de membres de bureaux ou d’assesseurs, ou encore absence de poubelles pour les bulletins, livrées en urgence ». Mais « la majorité d’entre eux ont ouvert avant 8h30 ».
À la mi-journée, sur les boucles WhatsApp, des militants RN évoquent une « bagarre » devant un bureau de vote à l’école maternelle Saint-Louis Lévêque (15e). Selon la Ville de Marseille, « des insultes ont été proférées à l’extérieur du bureau, mais aucune bagarre au sein du bureau de vote ». Le parti d’extrême droite accuse aussi des délégués d’un bureau de Malpassé-Les Oliviers d’avoir « montré aux électeurs les bulletins qu’ils devraient prendre avant de se rendre dans l’isoloir ».
L’équipe de Franck Allisio a également prétendu qu’une personne avait pu voter dans le 3e en produisant seulement une carte de séjour. En réalité, il s’agit d’une personne inscrite sur les listes « à la suite de sa naturalisation française en juillet 2025 » qui a présenté « deux documents, dont un titre de séjour délivré en 2020 par la préfecture des Bouches-du-Rhône et valable jusqu’en 2030, permettant à la présidence du bureau de vote de confirmer son identité. Cette opération de vote a été dûment consignée au procès-verbal du bureau », précise la Ville.
Du côté de la liste Marseille écologie, la candidate (EELV) à la mairie de Marseille Christine Juste pointe « une absence totale de bulletins pour sa liste à l’ouverture de plusieurs bureaux de vote à Marseille », sans renseigner lesquels. Christine Juste fait savoir à La Provence qu’elle a contacté la préfecture pour signaler des irrégularités. « Nous avons relevé 9 bureaux de vote dans lesquels les bulletins de vote pour notre liste manquaient », précise Dinks Turki, un militant pour la liste Marseille écologie.
Candidate (DVD) à sa réélection dans les 13e et 14e à Marseille, Marion Bareille a, quant à elle, prévenu la préfecture des Bouches-du-Rhône que « des rabatteurs étaient présents à Frais-Vallon ». « On nous a expliqué que s’il n’y avait pas de violences et aucune incursion dans les bureaux de vote, c’était légal », ajoute-t-elle.