Au seizième jour de la guerre au Moyen-Orient, le détroit d’Ormuz, par lequel transite d’ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole, reste bloqué quasi totalement par Téhéran, en représailles aux attaques des États-Unis et d’Israël.
Samedi 14 mars 2026, Donald Trump a appelé à la rescousse d’autres pays pour sécuriser le trafic maritime et ainsi atténuer la flambée des cours de l’or noir, qui a de lourdes conséquences sur l’économie mondiale. Le président américain a notamment cité la France comme potentiel partenaire, tout comme la Chine, le Japon, le Royaume-Uni ou la Corée du Sud.
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Téhéran met en garde les autres nations
Après cet appel à l’aide de Donald Trump, Téhéran a mis la pression sur les États qui pourraient tendre la main à Washington. Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi s’est notamment entretenu avec son homologue français Jean-Noël Barrot et a appelé à la retenue. Les autres pays doivent « s’abstenir de toute action pouvant mener à une escalade et à une extension du conflit », a-t-il averti, selon un communiqué de son ministère cité par l’Agence France-Presse (AFP).
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Le président américain et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont échangé ce dimanche sur le sujet. Les dirigeants ont évoqué ce dimanche soir « la situation actuelle au Moyen-Orient et l’importance de rouvrir le détroit d’Ormuz afin de mettre fin aux perturbations du trafic maritime mondial, qui entraînent une hausse des coûts partout dans le monde », selon une porte-parole de Downing Street.
La Corée du Sud « examine de près » cette demande, a déclaré un responsable de la présidence à l’AFP.
Bahreïn et l’Arabie saoudite interceptent de nouveaux projectiles
En représailles aux frappes israélo-américaines, l’Iran vise depuis le début de la guerre, le 28 février, le Golfe qui abrite des intérêts économiques et militaires des États-Unis. Des déflagrations ont encore été entendues à Bahreïn aux toutes premières heures du jour par deux journalistes de l’AFP. Manama, la capitale du royaume de Bahreïn, a mentionné l’interception de projectiles, tout comme l’Arabie saoudite, qui a dit avoir détruit dix drones dans l’est et dans la région de Ryad.
Les attaques sur les infrastructures du Golfe et le blocage d’Ormuz ont fait monter de plus d’un tiers le prix du baril de Brent, la référence mondiale du brut, qui se négocie désormais autour des 100 dollars.
Économiquement, l’opération contre Téhéran est un gouffre pour Washington. La première semaine de guerre lui a coûté plus de 11 milliards de dollars, d’après la presse américaine. Côté israélien, le gouvernement a approuvé une enveloppe de 827 millions de dollars (721 millions d’euros) pour des achats militaires d’« urgence », selon la presse locale.
Trump menace de s’en prendre à l’île de Kharg « pour s’amuser »
Malgré le coût, Donald Trump a de nouveau menacé de s’en prendre, « pour s’amuser », aux sites pétroliers de l’île iranienne de Kharg, dans le Golfe, qui abrite le principal hub d’exportation d’or noir de l’Iran, après une attaque sur ses infrastructures militaires. En réponse, Téhéran a promis de « réduire en cendres » les sites pétroliers liés aux États-Unis dans la région. L’Iran visera aussi des entreprises américaines si ses infrastructures énergétiques sont bombardées, a averti le chef de la diplomatie.
Parallèlement, le président Trump a exclu à ce stade l’hypothèse d’un accord que souhaiterait signer l’ennemi iranien, selon lui. « Je ne veux pas le faire parce que les termes de l’accord ne sont pas encore assez bons », a-t-il déclaré dans un entretien avec la chaîne américaine NBC. Pour lui, cet accord doit inclure l’engagement de Téhéran à abandonner ses ambitions nucléaires. Mais l’Iran a jusqu’ici rejeté toute discussion pour instaurer un cessez-le-feu. Ce dimanche après-midi, un ministre affirme que l’Iran « ne voit aucune raison de négocier » avec les États-Unis.
Les États-Unis et Israël assurent avoir fortement affaibli la République islamique dans leur opération visant à détruire les programmes balistique et nucléaire iraniens, voire faire tomber le pouvoir. Mais Téhéran continue de viser le sol israélien et a déclaré dimanche avoir ciblé une importante unité de police et un centre de communications par satellite.