Démarchage téléphonique : ces 12 numéros à bloquer d'urgence pour ne plus être harcelé !


En France, le démarchage téléphonique continue de gâcher le quotidien de millions de personnes, malgré les dispositifs censés limiter ces appels intempestifs.


Pour aider les consommateurs à mieux identifier les appels commerciaux, l’ARCEP a imposé depuis 2023 l’utilisation de plages de numéros spécifiques réservées aux centres d’appels professionnels. Certains préfixes reviennent fréquemment derrière les sollicitations pour des contrats d’énergie, des assurances ou des travaux.


Le démarchage téléphonique, un fléau toujours présent en France


Malgré les réformes, le démarchage téléphonique reste une réalité quotidienne pour une grande partie de la population. Selon plusieurs estimations, près de 7 Français sur 10 seraient démarchés au moins une fois par semaine. Cela s’explique en partie par le poids économique du télémarketing, un secteur qui représente encore des milliards d’euros de chiffre d’affaires, ce qui rend son encadrement politique sensible. Dans la pratique, ces appels concernent surtout des offres commerciales classiques (énergie, assurance, téléphonie, travaux, etc.) mais peuvent aussi servir de porte d’entrée à des arnaques de grande ampleur. Les fraudeurs utilisent des techniques bien rodées pour pousser les victimes à agir dans l’urgence.


La France figure parmi les pays européens les plus touchés par les appels indésirables. Une étude récente révèle que plus de 40 % des appels provenant de numéros inconnus seraient des appels nuisibles.


Les dispositifs encadrant le démarchage téléphonique


Face aux plaintes des consommateurs, les autorités françaises ont progressivement renforcé l’encadrement du démarchage téléphonique. Aujourd’hui, les appels commerciaux sont strictement limités aux jours ouvrés, entre 10 heures et 13 heures puis entre 14 heures et 20 heures, et sont interdits le soir, le week-end et les jours fériés. La loi impose également des règles précises sur la fréquence : un même professionnel ne peut pas contacter une personne plus de 4 fois sur une période de 30 jours, et doit cesser de rappeler pendant 60 jours si le consommateur refuse la proposition. Par ailleurs, les entreprises ont l’obligation de vérifier les listes d’opposition comme Bloctel, un service gratuit permettant aux particuliers de signaler qu’ils ne souhaitent pas être démarchés. Enfin, une réforme majeure est en marche : à partir du 11 août 2026, le démarchage téléphonique non sollicité sera interdit, sauf si la personne a donné son consentement explicite ou s’il existe déjà un contrat en cours.


Malgré cet arsenal juridique, le démarchage téléphonique continue de prospérer. Plusieurs raisons expliquent cette relative inefficacité. Les centres d’appels disposent souvent de bases de données contenant des millions de numéros, parfois obtenus via des partenaires commerciaux ou des reventes de fichiers. Ensuite, certaines entreprises contournent les règles grâce à des techniques, comme le spoofing, qui permet d’usurper un numéro ou d’en générer de nouveaux pour continuer à appeler malgré les blocages. Les autorités reconnaissent elles-mêmes que l’enjeu ne consiste pas seulement à interdire ces appels, mais surtout à comprendre comment les démarcheurs accèdent aux données personnelles qui alimentent ces campagnes massives.


En résumé, même si la réglementation s’est renforcée et devrait encore évoluer dans les prochains mois, le démarchage téléphonique reste aujourd’hui un phénomène profondément ancré, à la frontière entre prospection commerciale légale et pratiques abusives.


La liste des préfixes à bloquer pour éviter le démarchage


Depuis 2023, le plan de numérotation a été modifié pour mieux identifier les appels commerciaux. L’ARCEP a en effet réservé des plages de numéros spécifiques aux plateformes de démarchage, afin d’éviter que les centres d’appels utilisent des numéros classiques de particuliers. Autrement dit, certaines séries de numéros sont forcément liées à une opération de prospection commerciale.


Les principaux préfixes identifiés pour la France métropolitaine sont les suivants :


1 – 01 62


Les numéros commençant par 01 62 font partie des plages officiellement attribuées aux centres d’appels pour la prospection commerciale depuis la réforme du plan de numérotation. Lorsqu’un appel provient de ce préfixe, il s’agit probablement d’un démarchage.


2 – 01 63


Le préfixe 01 63 appartient aussi aux blocs réservés aux plateformes de télémarketing. Les entreprises doivent utiliser ces séries pour leurs campagnes d’appels afin que les particuliers puissent identifier plus facilement une sollicitation commerciale.


3 – 02 70


Les numéros commençant par 02 70 sont fréquemment utilisés par des centres d’appels externalisés, qui prospectent pour le compte de grandes marques.


4 – 02 71


Le préfixe 02 71 fait partie des séries officiellement utilisées pour le démarchage téléphonique en France métropolitaine.


5 – 03 77


Les appels provenant de numéros en 03 77 sont généralement liés à des opérations de prospection commerciale. Ces indicatifs sont intégrés au plan de numérotation mis en place en 2023.


6 – 03 78


Le préfixe 03 78 appartient à la même catégorie de numéros dédiés aux appels commerciaux automatisés ou réalisés par des plateformes spécialisées.


7 – 04 24


Les numéros commençant par 04 24 sont utilisés par des prestataires qui contactent des particuliers pour proposer des offres ou réaliser des enquêtes commerciales.


8 – 04 25


Le préfixe 04 25 est également concerné. Il est conseillé de rester vigilant lorsqu’un numéro commence par cette série.


9 – 05 68


Les numéros en 05 68 sont régulièrement signalés dans la liste des indicatifs utilisés pour le démarchage en métropole.


10 – 05 69


Le préfixe 05 69 appartient aux blocs attribués aux plateformes de prospection téléphonique.


11 – 09 48


Les appels provenant d’un numéro commençant par 09 48 n’indiquent pas forcément une fraude mais correspondent fréquemment à des sollicitations commerciales.


12 – 09 49


Le préfixe 09 49 complète cette liste de numéros dédiés au télémarketing en France.


Dans la pratique, voir apparaître l’un de ces débuts de numéro sur son téléphone signifie surtout qu’il s’agit très probablement d’un appel commercial non sollicité, souvent réalisé par des sous-traitants pour le compte de grandes entreprises.


Le dispositif ne concerne pas seulement l’Hexagone. Des séries dédiées existent aussi pour les territoires ultramarins, ce qui permet également d’identifier plus facilement l’origine des appels :

  • 09 475 (Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy) ;
  • 09 476 (Guyane) ;
  • 09 477 (Martinique) ;
  • 09 478 et 09 479 (La Réunion et Mayotte).


Par ailleurs, certaines sources mentionnent d’autres numéros régulièrement associés à du spam téléphonique ou à des pratiques frauduleuses, comme certaines plages en 09 37, 09 38 ou 09 39, même si elles ne sont pas officiellement réservées au démarchage.


L’intérêt de ces plages dédiées est justement de rendre les appels commerciaux plus facilement identifiables par les particuliers. En repérant les quatre premiers chiffres, il devient possible de filtrer ou de bloquer automatiquement ces sollicitations sur son smartphone ou via les outils des opérateurs. En clair, connaître ces indicatifs constitue aujourd’hui l’un des moyens les plus simples pour reprendre le contrôle face à un démarchage téléphonique devenu massif.


En conclusion, le démarchage téléphonique reste aujourd’hui une source majeure d’agacement pour de nombreux Français, malgré un encadrement de plus en plus strict. Identifier les préfixes désormais réservés aux appels commerciaux permet toutefois de reprendre la main et de limiter fortement les sollicitations indésirables. En bloquant ces 12 préfixes directement sur son smartphone ou via les outils proposés par les opérateurs, chacun peut réduire le risque de harcèlement quotidien. Même si certaines pratiques contournent encore les règles, connaître ces indicatifs constitue un réflexe efficace pour retrouver un peu de tranquillité et éviter de répondre à des appels inutiles.