Publié le 15/03/2026 21:22

Mis à jour le 16/03/2026 06:19

Temps de lecture : 5min

De gauche à droite, les candidats à la mairie de Paris Pierre-Yves Bournazel, Emmanuel Grégoire, Rachida Dati, Sophia Chikirou et Sarah Knafo. (ADELE THOMAS / APOLLONIA HILVERDA / FRANCEINFO)

De gauche à droite, les candidats à la mairie de Paris Pierre-Yves Bournazel, Emmanuel Grégoire, Rachida Dati, Sophia Chikirou et Sarah Knafo. (ADELE THOMAS / APOLLONIA HILVERDA / FRANCEINFO)

La bataille de Paris aura bien lieu. Emmanuel Grégoire, qui réunit toute la gauche sauf LFI, est arrivé largement en tête du premier tour des élections municipales dans la capitale, dimanche 15 mars. L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo a recueilli 38% des suffrages, selon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l’Intérieur. Il termine loin devant Rachida Dati, soutenue par LR et le MoDem, qui obtient 25,5% des voix.

Troisième avec 11,7%, la candidate de La France insoumise, Sophia Chikirou, se qualifie pour le second tour. Pierre-Yves Bournazel, le candidat soutenu par Horizons et Renaissance, est aussi en position de se maintenir, avec 11,3% des suffrages. Un temps donnée sous la barre des 10%, la liste de Sarah Knafo, soutenue par Reconquête, dépasse finalement ce seuil (10,4%) et reste dans la course pour le second tour. Une quinquangulaire se profile donc dans la capitale.

En revanche, le candidat du Rassemblement national, Thierry Mariani (1,6%), est éliminé d’entrée de jeu, tout comme la tête de liste NPA Blandine Chauvel (0,7%), la candidate Lutte ouvrière, Marielle Saulnier (0,7%) et le représentant du Parti des travailleurs, Mahel Piérot-Guimbaud (0,1%).

Signe de l’enjeu, le taux de participation est supérieur au chiffre national dans la capitale. Il atteint 58,9%, selon les chiffres presque définitifs du ministère de l’Intérieur. Lors du dernier scrutin en 2020 (perturbé par la pandémie de Covid-19), il était de 42,3%. En 2014, il avait atteint les 56,3%.

Sur le papier, le second tour devrait donc prendre la forme d’un match à cinq à l’issue très incertaine. Avec, comme protagonistes, Emmanuel Grégoire (PS, Les Ecologistes, PC, Place publique, L’Après), Rachida Dati (LR-MoDem), Sophia Chikirou (LFI), Pierre-Yves Bournazel (Horizons, Renaissance) et Sarah Knafo (Reconquête). Mais d’ici mardi 18 heures, le casting du second tour pourrait changer au gré d’éventuels ralliements ou désistements. Pierre-Yves Bournazel sera-t-il contraint de fusionner avec Rachida Dati ? Que fera Sophia Chikirou avec le reste de la gauche ?

En attendant les tractations à venir, Emmanuel Grégoire avait le sourire au moment de prendre la parole dimanche soir. « Les Parisiennes et les Parisiens nous ont placés largement en tête de ce premier tour, a réagi le socialiste. Dimanche prochain, la droite et l’extrême droite peuvent l’emporter à Paris, une ville que le monde entier regarde. Dimanche prochain, ce sera un rendez-vous avec notre histoire. L’enjeu de dimanche prochain, c’est de permettre à Paris de rester vivable. (…) L’enjeu de cette élection, c’est de dire qui nous sommes. »

Mais s’il est largement en tête, Emmanuel Grégoire n’a pas de réserve de voix massive hors LFI. Et l’insoumise Sophia Chikirou le sait : elle dit attendre l’appel du socialiste pour savoir si elle dépose ou non la liste de La France insoumise. « La responsabilité, c’est d’empêcher la droite de gagner Paris, car son agenda épouse celui de l’extrême droite, a-t-elle déclaré. Emmanuel Grégoire ne peut pas jouer avec l’avenir de Paris. Je vais attendre son appel. Et s’il ne veut pas d’une convergence pour faire un front antifasciste, je déposerai ma liste demain [lundi] soir. »

A droite, Rachida Dati tend la main aux deux candidats qui pourraient lui permettre de l’emporter, Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo, en leur rendant un hommage appuyé. « La victoire est possible, elle a une exigence, le rassemblement et la détermination. » Avant d’ajouter : « Ce soir, c’est une nouvelle élection qui commence. C’est le temps du choix définitif (…) face à une gauche extrême, face à toutes les compromissions pour se maintenir au pouvoir. »

« A partir de ce soir, c’est une autre campagne qui commence. Je vais me battre pour vous. Rien n’est joué », a réagi sur X Pierre-Yves Bournazel. Mais le candidat ne donne pas davantage de précisions sur ses intentions.

De son côté, Sarah Knafo a ouvert la porte à une possible allégeance à Rachida Dati, en jugeant que « toutes les familles de la droite » seront « nécessaires » pour l’emporter. « Nous avons mené la plus belle campagne, s’est-elle félicitée. A partir de maintenant, une semaine cruciale va s’ouvrir. Nos voix peuvent faire gagner la droite et faire barrage à la gauche. Il ne faut pas laisser passer cette chance. »

Cette année, un nouveau mode de scrutin s’applique pour la première fois dans la capitale. Avec la réforme de la loi dite « PLM », les électeurs parisiens ont en effet voté deux fois en un seul coup : une enveloppe pour leurs conseillers municipaux et une enveloppe pour leurs conseillers d’arrondissement.

Dorénavant, l’élection pour la mairie centrale se déroule au niveau de la ville tout entière et non plus arrondissement par arrondissement. Concrètement, avec une élection directe des conseillers municipaux, chaque voix pèse de la même manière dans tous les arrondissements.