Un don forcé. Début février, les filiales russes du producteur d’emballages américano-polonais CanPack et du fabricant d’isolants en laine de roche danois Rockwool ont fait, chacune, une généreuse donation de plus de 6 millions d’euros à une organisation caritative d’aide aux militaires russes et leurs familles… Sans l’accord de leurs maisons mères. Et pour cause : le 31 décembre dernier, ces deux entreprises ont été mises sous tutelle par décret présidentiel. Les filiales de CanPack (300 millions d’euros de chiffre d’affaires) sont à présent contrôlées par une énigmatique PME, StalElement, tandis que les quatre usines et 1 200 employés de Rockwool sont sous tutelle d’un certain Timour Amirov, homme d’affaires lié au complexe militaro-industriel.

Ce dernier a proposé de racheter l’entreprise, une offre froidement rejetée par la société danoise vu ses clauses léonines : selon la loi russe, le prix de vente d’un actif d’un « pays inamical » ne doit pas dépasser 40 % de sa valeur marchande, et une « contribution volontaire » égale à 35 % de sa valeur doit être versée à l’Etat.

« La guerre en Ukraine dévore d’énormes ressources » : comment la Russie de Poutine sacrifie son avenir économique

Pour les groupes occidentaux restés en Russie après l’invasion de l’Ukraine, l’horizon continue de s’assombrir. Le Kremlin a multiplié les mises sous tutelle de leurs filiales, de véritables spoliations d’actifs repris à prix cassés.