Dimanche 15 mars, peu de temps avant 14 h, une file d’attente s’étend déjà le long de l’allée d’Orléans, dans le centre-ville de Nantes. Les nombreuses personnes patientent pour l’ouverture de la friperie Dernière main, en espérant dénicher une nouvelle pièce pour leur garde-robe. Car aujourd’hui, aucune étiquette de prix ne sera fixée sur les vêtements, tout est gratuit.

Ouvert en 2023, dans le programme des lieux à réinventer de Nantes, Dernière main occupe un ancien escalator, à côté des marches des Fiertés. Notre politique, c’est d’accélérer l’absorption des vêtements en local, précise Idris Carlier-Douls, dirigeant de l’association.Notamment pour les personnes qui n’en ont pas. Il y a beaucoup de vêtements produits, mais il y a quand même des personnes qui en manquent, parce que c’est trop cher. On veut répondre à ce manque.

Dans la file d’attente, on croise un groupe d’amies du lycée, habituées des friperies et qui n’ont pas manqué le rendez-vous du jour : J’adore les friperies. J’ai vu sur les réseaux qu’ils avaient tout mis gratuitement dont je me suis dit que pouvait être intéressant de passer, raconte Laoma, 18 ans. Faire la gratuité dans ce genre de lieu, c’est un pied de nez à la consommation du centre-ville et à ce système qui, pour moi, n’est pas pensé pour l’avenir »,raconte Idris Carlier-Douls. Soane, 18 ans, dresse le même constat : Les vêtements coûtent très cher avec les grandes enseignes comme Bershka qui vendent des vestes à 50 €. Là, on peut en trouver à 10 €.

En Europe, environ 5,8 millions de tonnes de textiles sont jetées chaque année. Alors, pendant que les stocks continuent de se remplir au même rythme qu’ils se vident, Dernière main prépare un nouveau projet avec l’ouverture d’un nouveau magasin solidaire. Installé dans l’ancien magasin de lunette Polette, 1, rue du Moulin, devant les Galeries Lafayette, il sera inauguré le 4 avril.