L’objectif est d’ouvrir en septembre une classe de CP d’une vingtaine d’élèves, a expliqué ce lundi son directeur Eric Dufour. En s’opposant à cette ouverture, la préfecture a «dévoyé un principe de précaution» dans «une logique de soupçon», a accusé l’avocat du groupe scolaire.

Le groupe scolaire musulman lillois Averroès a contesté en référé lundi l’interdiction qui lui est faite par la préfecture du Nord d’ouvrir une école primaire, l’avocat d’Averroès regrettant que l’État soit dans «une logique de soupçon». En s’opposant à cette ouverture, la préfecture a «dévoyé un principe de précaution» dans «une logique de soupçon», a accusé Me Paul Jablonski, avocat du groupe scolaire. Il a regretté «un procès d’intention» de la part de la préfecture, qui a selon lui qualifié sans preuve tangible, dans son mémoire en défense, le groupe scolaire d’être «une porte d’entrée majeure de la doctrine» des Frères musulmans, mouvance sunnite pan-islamiste née en 1928 en Égypte.

Ces accusations sont étayées par des sources «accessibles à chacun» telles que des vidéos sur YouTube, des publications sur les réseaux sociaux et un blog, a défendu le représentant de la préfecture. Ces dernières années, Averroès «est assez connu du tribunal administratif de Lille», a euphémisé l’autre avocat du groupe scolaire, Me Sefen Guez Guez, qui a rappelé que la préfecture du Nord avait mis fin en décembre 2023 au contrat d’association entre l’État et le lycée, principal lycée musulman de France.


Passer la publicité

800 élèves

Ce contrat a été rétabli par la justice administrative courant 2025, un dossier qui doit faire l’objet d’une audience devant la cour administrative d’appel de Douai à une date encore inconnue. Le groupe scolaire, qui compte également un collège hors contrat, est avec 800 élèves le principal établissement musulman de France. Son objectif est d’ouvrir à la rentrée de septembre une classe de CP d’une vingtaine d’élèves avant de créer d’autres classes de primaire au fil des ans, a expliqué lundi son directeur Eric Dufour à l’AFP.

Les personnels et élèves du groupe scolaire, situé dans un quartier populaire du sud de Lille, ont vécu comme «un traumatisme» la rupture du contrat d’association avec l’État, a assuré Eric Dufour lors de l’audience. «Averroès est l’exact inverse de l’idéologie des Frères musulmans», a assuré Sefen Guez Guez, qui a souligné que l’établissement laissait aux filles scolarisées au sein du collège et du lycée le libre choix concernant le port du voile. L’ordonnance du tribunal administratif sera remise dans une dizaine de jours, a indiqué la présidente. «Si la décision est favorable, on peut encore espérer ouvrir en septembre», a estimé Eric Dufour.