L’équipe du socialiste Emmanuel Grégoire, arrivé largement en tête dimanche à Paris avec 38 % des voix, l’a annoncé à 18 heures ce lundi : le député, soutenu par les écologistes, a déposé sa liste de second tour, inchangée par rapport au premier tour. Pas de rapprochements donc avec l’Insoumise Sophia Chikirou, qui a obtenu 11,7 % des suffrages.

Ce n’est pas une surprise, les relations entre le PS et les Insoumis à Paris étant, depuis des années, délétères. « 12 000 fois on m’a posé la question d’une alliance, et 12 000 fois j’ai dit non. Depuis dimanche soir, je reçois des messages d’électeurs de gauche qui, inquiets d’une victoire de la droite, m’appellent à m’allier à LFI. Mais je reçois bien plus de messages d’électeurs me disant qu’en cas d’alliance, ils ne voteront pas pour nous », a expliqué le candidat.

Bournazel : la fusion sans lui

Sophia Chikirou a également déposé sa liste en fin d’après-midi. « Certains détracteurs d’Emmanuel Grégoire lui reprochaient de manquer de force de caractère. En se montrant ferme face à LFI, il fait la preuve du contraire », confie un cadre du PS parisien, qui voit mal comment, avec 13 points d’avance sur Rachida Dati (25,5 %), Emmanuel Grégoire pourrait ne pas l’emporter dimanche prochain. « Le seul risque serait une démobilisation de la gauche. Mais la dynamique est clairement de son côté. Et la droite est divisée. »

Elle l’est un peu moins depuis l’annonce, en début de soirée, d’une fusion entre les listes de Rachida Dati (LR, Modem) et de Pierre-Yves Bournazel, soutenu par Horizons et Renaissance, arrivé quatrième avec 11,3 % des voix. Il n’a pourtant jamais été tendre avec l’ancienne ministre de la Culture, notamment sur le terrain de la probité, excluait tout ralliement. La pression de la direction d’Horizons a sans doute été décisive : Édouard Philippe ne veut pas, dans la perspective de 2027, être accusé de contribuer à diviser la droite.

« Réussir l’alternance »

Pierre-Yves Bournazel justifie cet accord par « la nécessité de réussir l’alternance que les Parisiens attendent ». « Il a beaucoup réfléchi, souligne une proche. Rachida Dati a accepté ses conditions, en écartant toute alliance avec l’extrême droite de Sarah Knafo [10 % des voix dimanche, en lice pour le deuxième tour NDLR]. »

Les listes fusionnent, mais il n’en sera pas, ce qui sème un doute sur son adhésion à ce rapprochement. Alors que Rachida Dati a annoncé à 20 heures dans « Le Figaro » qu’il figurerait en deuxième position sur la liste, lui a précisé sur France 2, quelques minutes plus tard, qu’« à titre personnel, il se retirait de la course », donc du Conseil municipal de Paris où il siège depuis dix-huit ans, estimant : « Mon devoir s’arrête là. »