Par

Paul-Emile Bouchy

Publié le

16 mars 2026 à 18h35

Le premier tour des élections municipales 2026 à Nancy a livré son verdict. Dimanche 15 mars 2026, le maire sortant Mathieu Klein (PS) est arrivé en tête (43,11 %), devant Laurent Hénart (Parti radical | 33,43 %) et Sarah Farghaly (LFI | 11,83 %). Tous les trois sont qualifiés pour le second tour. Suivent ensuite Emmanuel Lacresse (divers centre | 7,23 %), Laurent Watrin (divers | 3,12 %) et Christiane Nimsgern (Lutte ouvrière | 1,28 %)

Que retenir de ce scrutin et quels sont les enjeux pour le second tour dimanche prochain ? Pour Lorraine Actu, François Laval, politologue et directeur de Sciences Po Nancy, livre son analyse.

« Mathieu Klein a frappé un grand coup »

Le spécialiste commence par analyser le score du maire sortant : « Mathieu Klein a quand même frappé un grand coup en étant au-delà de 40 %, comme son collègue de Metz François Grosdidier qui a pris aussi la commune il y a 6 ans et qui ont eu une opposition assez importante ».

« Quand on est déjà en tête, a 43 % et qu’on a 10 points d’avance sur son poursuivant, c’est quand même un avantage à la fois numérique et stratégique. Dans une élection, il faut créer la dynamique et souvent la liste en tête l’emporte, sauf si derrière, il y a des fusions de toutes les listes contre elle. Il a fait plus que la moitié du chemin », ajoute-t-il.

Un résultat qui confirme les bons scores de la gauche à Nancy lors des élections intermédiaire (départementales 2021 et législatives 2024) : « Elles ont été favorables à Mathieu Klein. Il aurait pu être battu s’il y avait eu un rejet de sa personnalité, ce qui n’est pas le cas. »

Que peut espérer Laurent Hénart ?

L’ancien maire de Nancy Laurent Hénart paye en partie, selon M.Laval, l’absence de liste commune avec Emmanuel Lacresse : « Il aurait peut-être fait entre 38 % et 40 %, ça aurait quand même changé un peu la donne. »

Est-ce qu’une fusion des listes aura lieu pour le second tour ? Laurent Hénart a rappelé dimanche soir que sa liste ne sera pas modifiée mais qu’il invitait les électeurs d’Emmanuel Lacresse et de Laurent Watrin à le rejoindre.

« Il y a quand même un conflit entre certaines personnes de ces listes et c’est très difficile de raccommoder. Emmanuel Lacresse et Sonia Sadoune (2e de sa liste) ont tous les deux été exclus récemment de leurs partis [respectivement Renaissance et MoDem. ndlr]. »

Quand on veut raccommoder, on perd souvent des voix. Il y a des électeurs qui ont voté pour Lacresse parce qu’ils ne voulaient pas voter pour Hénart. Et ceux qui sont avec Laurent Hénart se diront peut être : « Je ne vote pas parce qu’il y a Emmanuel Lacresse ». Ça ne fonctionne pas comme des vases communicants. On ne sait pas ce que font les électeurs.

François Laval
Politologue et directeur de Sciences Po Nancy

Sarah Farghaly (LFI), « la grande surprise »

Le politologue avoue ne pas avoir anticipé un tel score pour Sarah Farghaly (LFI) : « Ça, c’est la grande surprise. La France insoumise est quasiment à 12 %, soit 7 points de plus qu’en 2020, et va se maintenir au second tour. Si la candidate fait le même score, il y aura trois conseillers municipaux LFI à Nancy et ça leur permettrait d’avoir un conseiller métropolitain. »

Difficile donc d’envisager de grands changements entre les deux tours : « Tout le monde veut aller chercher les abstentionnistes mais ceux qui n’ont pas voté au premier tour votent rarement au second tour. Mathieu Klein est un socialiste, on n’est pas dans une logique d’élimination comme quand il y a un candidat RN. »

« Je suis parti dans mes calculs. On pourrait avoir comme scénario Mathieu Klein élu avec 49 %, Laurent Hénart à 40 % et Sarah Farghaly à 11 % », conclut-il.

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