On l’aime, on le déteste, on lui fait de viles courbettes ou on le snobe superbement mais quoi qu’on en pense, il reste le métronome de la haute gastronomie française et mondiale. Ce lundi 16 mars en fin d’après-midi, le Guide Michelin a dévoilé le palmarès 2026 France métropolitaine et Monaco de ses restaurants étoilés et comme chaque année, tout une partie de la restauration française a retenu son souffle.
Comme c’est désormais l’habitude, le Bibendum avait choisi d’installer sa cérémonie en dehors de Paris : après Metz l’an dernier et Tours l’année d’avant, cap au sud-est cette année avec un tapis rouge déroulé en Principauté, à la Société des bains de mer de Monaco où la cérémonie officielle a débuté sur les coups de 17h.
Comme c’est aussi la tradition, les pertes d’étoiles avaient été annoncées quelques jours en amont, le 10 mars, avec notamment la rétrogradation qui a beaucoup fait causer, celle de l’institution de l’Aveyron, Bras-Le Suquet, passé de 2 à 1 étoile (pour une famille de cuisinier qui, de toute façon, avait annoncé il y a quelques années déjà ne plus prêter attention à ce jeu-là).
Par chez nous, deux tables vauclusiennes sont passées de 1 à pas d’étoile, La Mirande à Avignon et La Mère Germaine, à Châteauneuf-du-Pape, pour la même raison mécanique : un changement de chef qui demandera au nouvel arrivant dans la place de refaire ses preuves pour le guide 2027.
Clemence Bellermin et Nicolas Seibold reçoivent 1 étoile pour leur Garrigue, à Ansouis. / Photo DR-Matthieu CellardAnsouis, Carry et Marseille
La décrue est en partie compensée en Vaucluse par l’arrivée d’un nouveau 1 étoile dans le Luberon, à Ansouis, dans une adresse qui est habituée à l’exercice puisqu’il s’agit de l’ancienne La Closerie. Les ex-propriétaires, eux-mêmes étoilés, sont partis menés d’autres projets. Début 2025, un jeune couple lyonnais, Clémence Bellemin et Nicolas Seibold, avait repris les locaux et rebaptisé Garrigue. Ils décrochent donc 1 étoile dès leur première année d’exercice luberonnais, jolie performance !
Chez les voisins de l’Est gardois, c’est La Belle vie, la table du chef Denis Martin, à Saint-Hilaire-d’Ozilhan entre Avignon et le Pont du Gard, qui empoche, lui aussi, sa première étoile.
On l’attendait dès l’annnée dernière à ce niveau mais c’est finalement dans le guide 2026 que le chef Ilane Tinchant ramène l’étoile à Carry-le-Rouet. / Photo DR-Nicolas Aneston
Pour trouver de nouveaux restaurants étoilés, il faut descendre un peu plus au Sud. Direction les Bouches-du-Rhône et d’abord la Côte bleue. À Carry-le-Rouet, on le prédisait dans ces mêmes colonnes dès 2025, le jeune chef de 29 ans Ilane Tinchant avait les épaules pour décrocher une étoile au sein de L’Oursin, le restaurant de l’Hôtel bleu. C’est désormais chose faite, sa cuisine tournée vers la pêche locale a convaincu les inspecteurs du guide.
Autre bord de mer mais à Marseille cette fois, au vallon des Auffes (7e), c’est une autre étoile très attendue qui est décernée, celle de Coline Faulquier pour son Auffo. Sans être l’arbitre de toutes les élégances, on se serait bien risqué à lui en pronostiquer deux tant sa cuisine est de plus en plus aboutie. Vieille maison de tradition (126 ans tout de même…), le Michelin n’a sans doute pas voulu brûler les étapes.
Cette première étoile pour sa nouvelle table (elle en avait déjà eu une pour son ancien restaurant Signature) vient couronner « une année très particulière », reconnaît la cheffe marseillaise. Et tendu serait-on tenté d’ajouter tant la reprise de l’ancienne Épuisette s’est avérée compliquée et houleuse. Mais Auffo vole désormais de ses propres ailes, sans comparaison avec son prédécesseur et c’est à notre sens amplement mérité.
La première étoile décrochée par Les Oliviers, resto du chef Martin Feragus à Bandol (Var), complète ce palmarès local au bord de l’eau. Sur le plan national, l’Hexagone compte désormais cinquante-quatre nouvelles tables classées 1 étoile.
Seul triple étoilé de la livraison 2026, le chef savoyard des Morainières, Michaël Arnoult, a été dignement fêté par ses pairs. / Photo DR-MichelinPaysage inchangé pour les 2 et 3 étoiles
Il n’y en a plus que sept quand on monte d’une marche, mais aucune nouveauté par chez nous. La Table des amis d’Alexandra et Christophe Bacquié à Bonnieux, L’Auberge de Saint-Rémy de Fanny Rey et Jonathan Wahid, à Saint-Rémy-de-Provence, restent les deux seuls doublement étoilés de notre secteur.
Pas de changement régional non plus tout en haut du palmarès. Les 3 macarons restent accrochés aux façades du Petit Nice Passedat et d’AM par Alexandre Mazzia (Marseille), de la Villa Madie (Dimitri Droisneau) à Cassis, de L’Oustau de Baumanière (Glenn Viel) aux Baux-de-Provence et de l’Hôtel-spa du Castellet (Fabien Ferré). Sur l’ensemble de la France, le Michelin n’a fait qu’un seul nouveau 3 étoiles : Les Morainières, du chef savoyard Michaël Arnoult à Jongieux.
En tout, le Guide rouge 2026 France métropolitaine-Monaco recense donc 668 tables étoilées : 31 trois étoilées, 84 deux étoiles et 553 une étoile.
