En Ille-et-Vilaine, la participation a été de 59,25 % (contre 44,5 % en 2020, année de Covid, et 64,7 % en 2014), pour ce premier tour des élections municipales 2 026. Le match a été plié dès dimanche soir pour 93,37 % des communes, soit pour 310 des 332 communes du département, où il n’y avait qu’une ou deux listes.

21 communes seulement vont avoir un second tour : Rennes, Saint-Malo, Fougères, Bains-sur-Oust, Chartres-de-Bretagne, Chasné-sur-Illet, Cintré, Dourdain, Guichen, La Richardais, Langon, Maen Roch, Montgermont, Noyal-sur-Vilaine, Pacé, Pleurtuit, Poligné, Saint-Jacques-de-la-Lande, Saint-Lunaire, Vezin-le-Coquet et Visseiche. La grande majorité va vivre des triangulaires (sauf désistement de dernière minute). Et trois, Fougères, Pleurtuit et Saint-Malo, des quadrangulaires.

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186 maires réélus, 18 battus, 10 en ballottage

Sur les 215 maires qui se représentaient en Ille-et-Vilaine, 186 ont déjà été réélus, 10 sont en ballottage, 18 ont été battus, comme Cécile Parlot à Romagné, Jean-Noël Bévière à Argentré (à 23 voix près), Marc Fauvel à Saint-Jean-sur-Vilaine, Christelle Brosselierou au Mesnil-Roch, Benoît Sohier à Saint-Domineuc (à 10 voix près), ou encore Karine Passilly à Saint-Uniac, battue… d’une seule voix.

Le maire le mieux élu du département est Olivier Poste, à Mellé, avec plus de 88 % des voix. À Saint-Georges-de-Reintembault, Rosi Bordet a été élue dès le premier tour malgré trois listes.

À Poligné, 1 245 habitants, les deux candidats ont obtenu 352 voix chacun (égalité parfaite) et sont donc contraints de repartir pour un second tour. Enfin, à noter également que 66 femmes têtes de liste passent dès le 1er tour.

Le top des communes qui ont le plus voté

Côté participation, la palme des communes avec le plus de votants revient à Chelun (89,24 %), suivi par Loutehel (85,86 %) et Poilley (81,67 %). Au total, 44 communes ont enregistré un taux de participation supérieur à 70 %. À l’inverse, parmi les communes qui se distinguent avec le plus fort taux d’abstention, on trouve Bourgbarré (59,09 %), Dol-de-Bretagne (56,82 %) et Châtillon-en-Vendelais (56,37 %), des communes où il n’y avait qu’une liste et aucun suspens.

Dans le top 3 des communes avec le plus fort taux de vote blanc figurent Saint-Gondran (21,33 %), Saint-Christophe-de-Valains (20,69 %) et Saint-Senoux (19,33 %). Et dans le top 3 des communes avec le plus de bulletins nuls, Noyal-sous-Bazouges (33,67 %), Luitré-Dompierre (24,41 %) et Chauvigné (23,55 %).

Des bascules au premier tour

Plusieurs communes ont basculé. Dans la Métropole de Rennes, six ans après, le centriste Grégoire le Blond reprend la mairie de Chantepie, face au sortant de gauche Gilles Dreuslin, qui l’avait battu en 2020. Après avoir perdu la mairie en 2020, la droite et le centre reviennent également aux affaires à Bruz. Scénario inverse à Mordelles et Thorigné-Fouillard, où la gauche remporte l’élection.

On observe une grande stabilité dans le reste du département, analyse Jean-Luc Richard, maître de conférences en sociologie politique à l’université de Rennes. Sur 93 communes de plus de 2 500 habitants, on en dénombre 36 à droite, 44 à gauche et une dizaine sans étiquette et centristes. Pour le second tour, c’est vers cette même tendance que l’on va.

Réélus dans un fauteuil

À Cesson, le maire Horizons Jean-Pierre Savignac conserve son fauteuil avec 66,92 % des voix. À Saint-Grégoire, Laëtitia Remoissenet est confortablement réélue avec 75,68 % des suffrages. À Dinard, où quatre listes concourraient, Arnaud Salmon, le maire sortant Horizons, s’impose aussi dès le premier tour avec 53 % des votes.

À Vitré, le sortant Pierre Léonardi, élu maire en juillet 2024 après la démission d’Isabelle Le Callennec devenue députée européenne, a été élu sans difficulté face à deux candidatures de gauche, avec 66,46 % des voix. Même résultat à Redon, où Pascal Duchêne, maire centriste sortant, l’emporte pour la troisième fois avec 51,6 % des suffrages et seulement 121 voix d’écart face au candidat de gauche.

Poussée d’extrême gauche à Rennes

À Rennes, les six partis révolutionnaires, avec la France insoumise comme locomotive, réalisent une poussée spectaculaire en cumulant 27,11 % des voix au premier tour. Ils obtiennent, à eux tous, cinq fois plus de bulletins qu’en 2020.

Marie Mesmeur, à la tête de la liste LFI, arrive 3e, avec 18,61 % des suffrages exprimés. « C’est la progression la plus significative des Insoumis dans le département, selon le politologue Jean-Luc Richard. Dans le reste du département, leur percée est davantage contenue. »

Nathalie Appéré, la maire socialiste de Rennes, arrivée en tête avec 34,53 %, a exclu toute alliance avec Marie Mesmeur. Ce sera donc une triangulaire, dans laquelle Charles Compagnon (union de centre et de droite), arrivé 2e, avec 22,47 %, espère tirer son épingle du jeu.

Triangulaires et quadrangulaires

À Saint-Jacques-de-la-Lande, la maire sortante socialiste Marie Ducamin, est en ballottage peu favorable : elle sera opposée dans un second tour qui s’annonce serré à Sébastien Collet (étiqueté divers centre et qui la talonne à moins de 1 %) et à l’insoumis Dimitri Roumagne avec qui elle refuse une fusion de liste.

À Saint-Malo, le maire sortant Gilles Lurton affrontera trois listes, dont le Rassemblement national, dans, vraisemblablement, la première quadrangulaire de son histoire. À Pleurtuit, une quadrangulaire se profile également avec une centriste, un candidat de droite, un autre de gauche et le RN.

Quadrangulaire aussi à Fougères, même si les discussions se poursuivent : Christophe Hardy (22,21 %), soutenu par le maire sortant Louis Feuvrier, est en difficulté puisqu’il arrive loin derrière la centriste Alice Lebret (31,55 %) et la communiste Elsa Lafaye (22,96 %), et tout juste devant la RN Virginie D’Orsanne (21,22 %).

À Chartres-de-Bretagne, c’est un duel qui décidera du futur maire, la troisième liste ayant choisi de se retirer.

Progression du Rassemblement national

Autre enseignement de ces municipales 2026, les scores relativement élevés du Rassemblement national. L’Ille-et-Vilaine a présenté six listes sur douze en Bretagne, souligne Jean-Luc Richard. Cinq d’entre elles obtiennent entre 14 et 24 %.

À Rennes, le RN passe de 4 % en 2020 à près de 7 %. À Saint-Malo, il est arrivé 3e avec 14,64 % des voix. À Pleurtuit, il obtient 21,70 % des suffrages, et à Guichen 18,38 %. À Fougères, avec 21,22 % des voix, il double son score par rapport à 2020. À Maen Roch, Tangi Marion atteint 24,90 % et sera opposé au maire sortant Thomas Janvier et à Gaëtan Dubreil-Jardin dans une triangulaire, dimanche 22 mars. « Dans cinq communes brétilliennes, le RN va intégrer le conseil municipal, une première », note Jean-Luc Richard.