Par

Clément Mazella

Publié le

16 mars 2026 à 12h51

Après les arrières, place aux avants du XV de France. Et là, les satisfactions sont rares dans un pack qui a été pris en mêlée fermée, dominé dans les impacts, et chahuté par les ballons portés anglais. Oscar Jegou est l’un de ceux qui ont surnagé, en compagnie de Gros, Ollivon et Meafou. Marchand, Cros ou Flament ont été plus neutres que d’habitude. Et s’il y a un gros dossier à ouvrir, il concerne le poste de pilier droit. Le bilan des avants dans ce Tournoi des 6 Nations 2026.

Piliers : SOS côté droit en détresse

Jean-Baptiste Gros, c’est Monsieur défense. Comment oublier son 22/22 en Écosse en 53 minutes de jeu à peine ? Le Toulonnais a excellé dans ce secteur, terminant la compétition avec 98,1% de plaquages réussis. Seul Oscar Jegou (11) en a fait plus que lui de dominants (9). En mêlée, il a assuré, malgré le fait d’être tombé sur de sacrés clients.

Titulaire lui aussi comme Gros à chaque match, Dorian Aldegheri a eu du mal à faire oublier Uini Atonio. Sur son point fort, le Toulousain n’a pas réussi à donner une grosse stabilité à la mêlée tricolore. Satisfaisant en défense, il n’a par contre rien montré sur le plan offensif. « Honnêtement, il a fait de belles performances. De très belles performances même », avait estimé avant le Crunch William Servat.

Parmi les remplaçants, Rodrigue Neti a été des plus quelconques en pilier gauche. À droite, le chantier est immense. Montagne, Bamba et Colombe ont chacun eu leur chance, et on ne peut pas vraiment dire qu’un d’eux a crevé l’écran. Relancé, Bamba avait fait une entrée prometteuse à Murrayfield, mais a été ensuite en difficulté contre les Anglais.

  • Jean-Baptiste Gros : 257 minutes jouées
  • Dorian Aldegheri : 254 minutes jouées
  • Rodrigue Neti : 143 minutes jouées
  • Régis Montagne : 59 minutes jouées
  • Demba Bamba : 40 minutes jouées
  • Georges-Henri Colombe : 26 minutes jouées

Notre avis : On le savait, mais c’est bel et bien confirmé : trouver le successeur de Uini Atonio est une mission colossale. Et sans pilier droit d’envergure, il sera difficile aux Bleus d’exister pour rivaliser avec les meilleures nations du monde.

Talonneur : Un trio sans relief

Titulaire sur l’ensemble du Tournoi, Julien Marchand a fait preuve de beaucoup de fiabilité sur ses lancers en touche (97,1% de réussite). Mais le Toulousain a subi comme l’ensemble du pack en mêlée fermée, et n’a pas été aussi flamboyant qu’en club pour gratter des ballons. 

De retour de blessure, Peato Mauvaka n’a pas eu son punch habituel. Sans trop de surprise, lui qui n’avait joué que 4 matchs en janvier avant le début du Tournoi. 3e dans la hiérarchie, Maxime Lamothe n’a eu droit qu’à un seul match, au pays de Galles, entrant en jeu alors que le score était déjà fait.

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  • Julien Marchand : 253 minutes jouées
  • Peato Mauvaka : 118 minutes jouées
  • Maxime Lamothe : 29 minutes jouées

Notre avis : Sans trop de relief. On attendait plus de Marchand sur le jeu au sol. Après, il était bien seul dans ce secteur où les Bleus n’ont pas brillé. 

Ainsi que le racontent les visages de Julien Marchand et Nolann Le Garrec, les Bleus sont tombés de haut samedi soir face aux Springboks (17-32).
Précis en touche, Julien Marchand a moins rayonné que d’habitude dans le jeu au sol. (©Icon Sport)Deuxième ligne : Meafou, la poutre indispensable

Fabien Galthié et son staff avaient deux duos en tête : Ollivon-Guillard et Flament-Meafou. La paire toulousaine semble mieux armée pour rivaliser face aux meilleures nations du monde. Emmanuel Meafou, qui a fait beaucoup de bien de par sa puissance (homme du match contre l’Italie), est la poutre indispensable au pack bleu (9 plaquages dominants). Il fait partie des satisfactions. Thibaud Flament, qui a manqué la première rencontre, a été très bon contre l’Italie, mais plus neutre le reste du temps.

Auteur d’un premier match époustouflant face à l’Irlande, Mickaël Guillard a été moins en vue en suivant, avant une bonne entrée en jeu contre l’Angleterre. Une grosse activité, mais on se demande vraiment s’il doit jouer n°5 ou n°8. Enfin, Charles Ollivon, régulier à souhait, a fait plus que dépanner en n°4. Fort dans les airs, ultra mobile, bon défenseur, il est indispensable sur le terrain en raison de son leadership et son côté très rassurant. 

  • Charles Ollivon : 279 minutes jouées
  • Emmanuel Meafou : 235 minutes jouées
  • Thibaud Flament : 222 minutes jouées
  • Mickaël Guillard : 209 minutes jouées
  • Hugo Auradou : 32 minutes jouées
  • Joshua Brennan : 13 minutes jouées

Notre avis : Le pack tricolore a besoin d’une poutre massive, et Meafou est celle-ci. Le Toulousain apparaît indispensable. Et à ses côtés, Flament n’a pas d’équivalent, même s’il nous a habitués à mieux.

Anthony Jelonch est convoqué sur la liste du XV de France pour la préparation du match du Tournoi des 6 Nations contre l'Italie.
Anthony Jelonch s’est beaucoup battu, mais n’a pas apporté l’avancée nécessaire en tant que n°8. (©Icon Sport)Troisième ligne : Jegou en vue, le dossier du n°8 est ouvert

Seul 3e ligne aligné d’entrée à tous les matchs, François Cros a fait du François Cros : de la défense, du physique, premier soutien, solution en touche. Homme de l’ombre, le Toulousain a toutefois semblé manquer d’un peu de punch. Normal, quand on sait qu’il n’avait que 2 matchs dans les jambes avant ce Tournoi des 6 Nations.

La confirmation, c’est Oscar Jegou. Le Rochelais n’est pas le plus épais, mais alors quel morceau de bois. Il est le Bleu qui a effectué le plus de plaquages (72 en 4 rencontres), et celui de la compétition qui en a fait le plus de dominants (11). Gros pourvoyeur de ballons en touche, il s’est démené sans compter. Dommage de finir sur une suspension.

Placé en n°8, Anthony Jelonch a apporté sa densité habituelle et sa rudesse dans les chocs et les plaquages. Mais en tant que n°8, le Toulousain a eu un peu plus de mal à mettre son équipe dans l’avancée. Ce n’est pas son registre. Et n’est pas Grégory Alldritt qui veut. 

Entré quatre fois en jeu, Lenni Nouchi a apporté un pep’s vraiment appréciable. Il semblerait avoir payé sa performance et son carton jaune en Écosse. Dur pour le Montpelliérain. Temo Matiu, lui, a connu une première délicate en Angleterre, étant sorti à la mi-temps par Fabien Galthié. Là aussi, c’est dur. 

  • François Cros : 330 minutes jouées
  • Oscar Jegou : 295 minutes jouées
  • Anthony Jelonch : 250 minutes jouées
  • Lenni Nouchi : 97 minutes jouées
  • Temo Matiu : 40 minutes jouées

Notre avis : Il y a du talent, mais reste juste à trouver la bonne formule. Et un Grégory Alldritt semble clairement manquer dans cette équipe.

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