VU D’AILLEURS – Le contraste entre le coût élevé de la vie et du logement et les difficultés rencontrées par une partie de la population met à rude épreuve le modèle social de ce petit État d’Europe centrale.
Par Elena G. Sevillano (El País)
Chaque matin, des dizaines de milliers de personnes franchissent la frontière pour aller travailler au Luxembourg, attirées par les salaires les plus élevés d’Europe. Beaucoup d’autres ont émigré des quatre coins du monde vers un pays où la richesse se mesure en records. La pauvreté, elle, reste souvent invisible, reléguée aux statistiques et à des vies en décalage avec l’image prospère du grand-duché.
À la soupe populaire de l’ONG Stëmm vun der Strooss (« La voix de la rue »), une femme de petite taille, coiffée d’un bonnet léopard, paie 50 centimes pour son repas avant de rejoindre la file d’attente. Elle accepte d’expliquer pourquoi elle est là – la plupart des personnes présentes préfèrent ne pas en parler – à condition de ne pas livrer trop de détails. On l’appellera simplement « Madame Moufida ». Âgée de 67 ans et de nationalité française, elle a travaillé plus de quinze ans « dans presque tous les secteurs : l’hôtellerie, un musée, un…
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