Les informations à retenir

Quel est l’impact de cet accord pour l’Ukraine et la Russie ?

  • Volodymyr Zelensky a accepté la reprise du transit sous la pression financière, malgré ses craintes d’un affaiblissement des sanctions.

  • Le flux de 150 000 à 200 000 barils par jour reprendra vers l’Europe de l’Est, sécurisant les revenus énergétiques russes.

  • Bruxelles maintient officiellement ses sanctions globales tout en finançant une exception stratégique pour préserver l’unité de l’Union.

La bataille du pétrole ne se joue pas seulement au Moyen-Orient. Pour l’Europe, elle se noue aussi à quelques milliers de kilomètres de Téhéran, près d’Almetyevsk, dans la république russe du Tatarstan. Créée en 1950 autour d’un centre pétrochimique, la ville bat au rythme de l’or noir : c’est ici que convergent plusieurs champs pétroliers de Sibérie et de l’Oural, avant de s’écouler dans un pipeline de 5 500 kilomètres en direction de l’Europe de l’Est. Baptisé « Droujba » (« amitié » en russe), il incarnait la coopération énergétique entre les pays socialistes du temps de l’URSS.

Aujourd’hui, il provoque une crise diplomatique majeure sur le Vieux Continent. Et pour cause : interrompus fin janvier après une attaque sur une portion ukrainienne, les flux de pétrole n’ont toujours pas repris. Budapest accuse Kiev d’en bloquer la remise en route pour des raisons politiques. Au point que les deux pays ont suspendu leur feu vert à un prêt de 90 milliards d’euros des Vingt-Sept à l’Ukraine, et menacent de s’opposer à de nouvelles sanctions contre la Russie tant que l’oléoduc ne redémarre pas.

C’est finalement ce mardi 17 mars 2026 qu’un dénouement a été annoncé. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a indiqué que l’Union européenne allait aider à rouvrir l’oléoduc. Cette intervention est la condition fixée par Budapest pour lever son veto au prêt de 90 milliards d’euros destiné à Kiev. « L’UE a proposé à l’Ukraine un soutien technique et des financements. Les Ukrainiens ont accueilli favorablement et accepté cette offre. Des experts européens sont immédiatement disponibles », a-t-elle précisé dans un communiqué conjoint avec le président du Conseil européen, António Costa. Une lettre du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, jointe au document, confirme son accord officiel.