Mark Carney a conclu sa première année au pouvoir comme il l’a commencée, à l’étranger, en tête-à-tête avec le premier ministre de la Grande-Bretagne.

Conclusion naturelle de son ambition de faire du Canada une voix à nouveau pertinente sur l’échiquier mondial. L’ex-banquier préfère son rôle d’homme d’État à celui de politicien.

S’il a su articuler une vision claire face au chaos du monde actuel, il lui reste à résoudre concrètement les problèmes structurels du Canada d’aujourd’hui.

Tensions

Le populisme du elbows up des débuts est loin derrière. Mark Carney navigue maintenant entre principes et compromis.

Des reculs sur les contre-tarifs face à Donald Trump à la normalisation des relations avec la Chine et la réconciliation avec l’Inde, son pragmatisme a mis à mal sa défense des valeurs canadiennes.

Mais ça passe, parce que Mark Carney est à l’aise à l’international.

Pour preuve, son discours de Davos a électrisé l’Europe et ouvert des portes à l’ensemble de la diplomatie canadienne aux quatre coins de la planète.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Déconnecté

La levée de boucliers suscitée par son appui sans réserve à l’offensive américaine en Iran a illustré le risque qui plane sur son mandat : celui d’être déconnecté des sensibilités propres à son électorat qui, pour l’instant, lui accorde toujours le bénéfice du doute.

Mais aucun grand projet qui n’était déjà dans les cartons n’a été lancé. Si la construction domiciliaire a augmenté, c’est grâce aux mesures qui étaient déjà en place.

La concentration des pouvoirs qu’il accorde à l’exécutif dans ses grandes réformes aurait été décriée si elle avait été promulguée par un Stephen Harper ou un Pierre Poilievre.

Le péril des tarifs américains plane toujours. L’économie ralentit, le chômage augmente petit à petit.

C’est sur cette réalité domestique que Mark Carney sera jugé.

Il s’est révélé un excellent architecte jusqu’ici. Il devra démontrer qu’il saura faire de ses chantiers une réalité.