Quand les médias évoquent une épidémie de méningite, beaucoup de parents et
d’étudiants se demandent s’ils sont vraiment protégés. La
maladie fait peur, des cas fulgurants touchent parfois des
jeunes en pleine forme et tout peut basculer en quelques heures.
Dans les cabinets médicaux comme en pharmacie, une question revient
sans cesse : existe-t-il réellement un vaccin méningite pour se
défendre ?
La France a longtemps recensé 500 à 600 infections à
méningocoques par an, maladie rare mais capable de tuer très vite
et de laisser des séquelles lourdes chez une personne sur cinq.
Depuis 2023, les cas augmentent surtout chez les nourrissons, les
adolescents et les jeunes adultes, avec 615 cas déclarés en 2024
selon Santé publique France. D’où le tournant vaccinal de 2025.
Méningite à méningocoques : maladie rare mais foudroyante
La méningite correspond à une inflammation des méninges, ces
fines membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière.
Quand elle est due au méningocoque, la bactérie
peut envahir le sang et provoquer un purpura fulminans, forme la
plus redoutée, avec un état de choc parfois en quelques heures. Les
survivants peuvent garder des amputations, une surdité ou des
troubles de mémoire qui pèsent durablement sur la vie
quotidienne.
La transmission se fait lors de contacts rapprochés et prolongés
: toux, éternuements, baisers, soirées en boîte, trajets en bus
bondé ou colocation. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS)
s’est donné pour but de réduire fortement cette maladie
d’ici 2030. En France, les infections invasives à
méningocoques ont augmenté de 72 % entre 2022 et 2023, rappelle la
surveillance reprise par les autorités sanitaires.
Vaccin méningite : plusieurs vaccins
existent
Il existe bien plusieurs vaccins contre la méningite à
méningocoques. En population générale, on utilise des
vaccins ciblant le sérogroupe B, comme Bexsero ou Trumenba, et des
vaccins tétravalents ACWY qui protègent en même temps contre les
sérogroupes A, C, W et Y, tels que Nimenrix, Menveo ou Menquadfi.
Dans les pays ayant généralisé ces vaccins, les cas graves ont
chuté de façon spectaculaire.
Aux Pays-Bas, le remplacement d’un vaccin ciblant seulement le
méningocoque C par un vaccin ACWY a par exemple entraîné une baisse
de près de 82 % des nouveaux cas chez les jeunes enfants. Malgré
ces résultats, les adolescents restent souvent peu vaccinés. Pour
répondre à l’épidémie, la France a rendu obligatoires depuis le 1er
janvier 2025 les vaccinations contre les méningocoques A, C, W, Y
et B chez les nourrissons. Tous les bébés doivent recevoir le
vaccin Bexsero contre le sérogroupe B à 3, 5 puis 12 mois, et un
vaccin ACWY à 6 et 12 mois. Un rattrapage est recommandé jusqu’à 4
ans révolus pour les enfants non encore protégés.