Dès les premières frappes israélo-américaines contre l’Iran, le 28 février dernier, les pays européens ont donné des consignes, puis mis en place des dispositifs spéciaux pour leurs ressortissants présents au Moyen-Orient. Sur son site officiel, la Commission européenne annonce qu’un cinquième vol, qu’elle a entièrement financé, a atterri lundi 16 mars à Bucarest (Roumanie) avec 134 citoyens européens à son bord. Tous étaient bloqués dans la région depuis la montée des tensions.

Affrété à la demande des autorités roumaines, ce vol est parti d’Oman et transportait principalement des ressortissants roumains, 98 contre 38 d’autres pays européens. Beaucoup se trouvaient auparavant aux Émirats arabes unis, sans solution pour rentrer chez eux. L’Union européenne a également pris en charge « jusqu’à 75% » des frais de transport terrestre engagés par les passagers pour se rendre dans ce sultanat, où un avion les attendait.

Des milliers de citoyens déjà évacués

Depuis le début de la crise iranienne, le Centre de coordination des interventions d’urgence de l’UE, mécanisme européen de protection civile, est fortement sollicité. L’Alliance a soutenu près de 90 vols de rapatriement depuis la fin février. Ils ont permis à « plus de 11 000 citoyens européens » de rentrer en Autriche, en Belgique, en Bulgarie, en Tchéquie, en Estonie, en France, en Italie, à Chypre, en Lettonie, en Lituanie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, au Portugal, en Roumanie, en Slovaquie ou encore en Suède.

« En cas de crise, l’Europe protège ses citoyens. La guerre au Moyen-Orient montre une fois de plus que lorsque les crises dépassent les capacités nationales, l’Europe intervient. Nous avons désormais aidé à rapatrier plus de 11 000 Européens. Et nous continuerons à œuvrer jusqu’à ce que tous ceux qui ont besoin d’aide la reçoivent », a réagi la commissaire européenne Hadja Lahbib dans ce dernier communiqué de la Direction générale de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes (ECHO).

« Un rythme soutenu »

Ce dispositif repose sur un mécanisme bien rodé, qui permet à n’importe quel pays, en Europe comme au-delà, son activation urgente. Et aujourd’hui, il tourne à plein régime. « Un rythme soutenu » que confirme la Commission européenne, qui enchaîne les opérations et multiplie les vols. Tant que la situation reste instable dans la région, elle doit veiller à ne laisser personne derrière et continuer à organiser des retours.

Aucune issue ne se profile à ce stade pour la guerre en Iran, où les offensives se poursuivent pour le 18e jour consécutif. La République islamique, toujours debout et même avec un nouveau Guide suprême à sa tête, riposte en s’attaquant aux bases ennemies et autres infrastructures militaires qui ont été construites par les États-Unis chez ses voisins du Golfe. Les conséquences diplomatiques et économiques d’un tel conflit sont déjà visibles.