Après sa victoire dans le Tournoi des 6 Nations 2026, le XV de France participera cet été à une toute nouvelle compétition créée par World Rugby : la Coupe des nations. Date, format, équipes engagées… Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette compétition regroupant le gratin du rugby international.
Adieu tournées, tests-matchs et rencontres sans enjeu. À partir de cette année, World Rugby utilisera les fenêtres estivale et automnale pour lancer sa toute nouvelle compétition : la Coupe des nations. Alors, concrètement, à quoi faut-il s’attendre ? On vous explique.
Six équipes du 6 Nations, quatre du Rugby Championship et deux invitées
Organisé tous les deux ans (lors des années paires) pour éviter toute collision avec la Coupe du monde ou la tournée des Lions britanniques et irlandais (années impaires), le championnat des nations rassemblera 24 sélections nationales, séparées en deux divisions.
La première, l’élite, regroupera les équipes du Tournoi des 6 Nations (Angleterre, Écosse, France, Irlande, Italie, pays de Galles), celles du Rugby Championship (Afrique du Sud, Argentine, Australie, Nouvelle-Zélande) et deux équipes invitées par World Rugby à chaque édition. Pour cette première, les Fidji (9e nation mondiale) et le Japon (12e) ont été retenus. La seconde division mettra aux prises la plupart des nations du Tier 2 (Portugal, Géorgie, Tonga, Samoa, Roumanie, Espagne, Uruguay…).
La création d’une nouvelle compétition internationale a été entérinée par l’organisation du Tournoi des 6 Nations et le SANZAAR. Elle se déroulera à partir de 2026 au mois de juillet et novembre.
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— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) July 1, 2023
Ces douze équipes seront réparties en deux poules de six : d’un côté, les nations européennes et de l’autre, les Sudistes et apparentés. Mais la petite particularité, c’est que les nations d’une poule affronteront… les nations de l’autre poule ! Pas de redite du Tournoi des 6 Nations ou du Rugby Championship donc.
Trois déplacements l’été, puis trois réceptions à l’automne
Chaque édition se déroulera en deux temps : lors de la première fenêtre internationale, en juillet, les nations de l’hémisphère Nord se déplaceront chez les équipes du Sud. Pendant cette période, chaque équipe disputera trois matchs, contre trois équipes différentes. Puis, à l’automne, ce sera au tour des nations du Sud de venir en Europe pour disputer trois autres matchs, contre les équipes qu’elles n’ont pas affrontées l’été.
Pour bien comprendre, prenons le cas de la France : cet été, les Bleus iront en Nouvelle-Zélande (4 juillet, Christchurch), en Australie (11 juillet, Brisbane) et au Japon (18 juillet, Tokyo) avant de recevoir à l’automne les Fidji (7-8 novembre), l’Afrique du Sud (14-15 novembre) et enfin l’Argentine (21 novembre) au Stade de France.
Une phase finale à Twickenham
Au terme de cette phase, chaque nation européenne aura donc affronté les six nations du Sud. Et inversement. Tout cela débouchera sur un classement dans chacune des poules. Le week-end du 27-28-29 novembre sera consacré à la phase finale, à Twickenham. Le premier de la poule Europe jouera le titre face au leader de la poule du Sud, le deuxième affrontera le deuxième, etc. Chaque équipe aura donc un match de classement à jouer.
Avec cette nouvelle compétition, World Rugby souhaite structurer davantage le calendrier mondial, offrir des confrontations de haut niveau plus régulièrement aux supporters, mais aussi augmenter les revenus pour permettre à des fédérations en grande difficulté, comme le pays de Galles par exemple, d’éviter la faillite. « Cette compétition offre aux joueurs et aux supporters des matchs captivants afin de développer de l’audience et de la valeur pour tous », défendait Alan Gilpin, directeur général de World Rugby, lors de l’annonce du lancement de la compétition en 2023.
Quelle gestion pour les internationaux français ?
Mais verra-t-on les vainqueurs du 6 Nations en Nouvelle-Zélande en juillet ? C’est la question que l’on se pose à quatre mois du lancement de cette nouvelle compétition. À en écouter les joueurs, l’envie est présente, mais les corps tirent et la fraîcheur physique sera primordiale, à un an de la Coupe du monde en Australie.
« Ces tournées, tout le monde a envie de les jouer. Mais on arrive en fin de saison, on est cramés… Il y a un staff, c’est lui qui décide qui part en tournée et qui ne part pas. Je crois que je suis à 23 ou 24 matchs déjà cette saison. On est au mois de mars, donc je vous laisse deviner combien de matchs je risque de jouer encore d’ici la fin de la saison. C’est toujours difficile en fin de saison de partir un mois de plus, quand on a plus de 30 matchs et 2 000 minutes de temps de jeu », confiait Thomas Ramos après la victoire homérique lors du « crunch » samedi dernier.
D’autant plus quand le calendrier est si rapproché. En effet, le choc face aux All Blacks est programmé seulement une semaine après la finale du Top 14 prévue le 27 juin. Difficile donc d’imaginer les finalistes du championnat faire le voyage au pays du long nuage blanc pour défier Ardie Savea et ses coéquipiers …
Une compétition déjà critiquée
Évidemment, cette réforme et cette nouvelle compétition ne font pas l’unanimité. Selon certains dirigeants, cette Coupe des nations va seulement limiter encore un peu plus les confrontations entre grandes et petites nations, et donc nuire au développement de ces équipes. « Le calendrier mondial qu’ils mettent en place rend très difficile l’organisation des matchs entre petites et grandes nations. Désormais, nos chances de jouer contre la France ou la Nouvelle-Zélande sont proches de zéro », regrettait le Chilien Sebastien Pineyrua, président de la fédération sud-américaine de rugby.
Des barrages d’accession-relégation à partir de 2030
Toutefois, un système de promotion-relégation entre les deux divisions devrait voir le jour dès 2030 afin de permettre à des équipes ambitieuses comme la Géorgie ou le Portugal de rejoindre l’élite et de se frotter aux meilleures nations mondiales. Cette demande, portée par l’Argentine et les nations du Tier 2, a été acceptée par l’instance internationale et devrait permettre d’éviter l’entre-soi du gratin international. Du moins, dans l’idée…
Car, pour accéder à la première division, les équipes du Tier 2 devront cravacher dur. Non seulement elles devront terminer à la première place de leur poule de deuxième division, mais elles auront ensuite un match d’accession à gagner contre les nations classées dernières de l’élite, à la manière de ce qui se fait entre le Top 14 et la Pro D2. C’est mieux que rien, dira-t-on.