Une frappe attribuée au Pakistan a visé lundi soir un centre de traitement des addictions à Kaboul, provoquant la mort de plus de 400 personnes selon les autorités afghanes. Annoncé mardi, ce bilan, encore provisoire, fait de cette attaque l’épisode le plus meurtrier du conflit qui oppose les deux pays depuis plusieurs mois, dans un contexte d’escalade militaire et de tensions diplomatiques persistantes.
Un bilan humain massif mais encore incertain
Le ministère afghan de la Santé évoque environ 400 morts et plus de 200 blessés. « Le bilan n’est pas définitif, les opérations de recherche continuent mais nous avons environ 400 morts et plus de 200 blessés », a précisé son porte-parole Sharafat Zaman.
Le ministère de l’Intérieur avance un chiffre légèrement supérieur de 408 morts et 265 blessés. Ces données n’ont pas pu être confirmées de manière indépendante, même si des journalistes présents sur place ont constaté l’extraction de nombreux corps des décombres.
Des versions opposées entre Kaboul et Islamabad
Les autorités afghanes accusent explicitement le Pakistan d’avoir visé un hôpital accueillant entre 2.000 et 3.000 patients. Islamabad dément toute attaque contre une infrastructure civile. « Aucun hôpital, aucun centre de désintoxication et aucune installation civile n’ont été pris pour cible », a assuré le ministre pakistanais de l’Information Attaullah Tarar, affirmant que les frappes visaient des « infrastructures militaires et terroristes liées à des activités hostiles contre le Pakistan ».
Réactions internationales et appel à enquêter
L’ONU a réclamé une enquête « rapide » et « indépendante », soulignant que « les responsables doivent être traduits en justice conformément aux normes internationales ». L’Union européenne et la Chine ont appelé à la retenue, tandis que l’Inde a dénoncé « une attaque barbare », dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions.
Notre dossier sur l’Afghanistan
La frappe intervient alors que les affrontements entre l’Afghanistan et le Pakistan se sont intensifiés depuis fin février. Selon l’ONU, au moins 76 civils ont été tués et plus de 115.000 familles déplacées depuis cette reprise des hostilités. « Notre nation ne veut pas la guerre », a déclaré le ministre afghan des Affaires étrangères, tout en affirmant que le pays continuerait à prendre « des mesures d’autodéfense », illustrant une situation toujours volatile malgré les tentatives de médiation.